Un village des Vosges fabrique un tissu destiné à aller sur Mars


 
D'une vallée vosgienne à la planète Mars, il n'y a qu'un pas. La-Croix-Aux-Mines, un village de 500 habitants doté d'une longue tradition textile depuis 1835 conçoit un tissu qui protègera le bouclier thermique de la capsule chargée de rapporter sur Terre des échantillons de roche martienne.
 
Ce village vosgien a déjà travaillé avec le constructeur américain Northrop et Arianespace. Aujourd'hui, c'est avec la NASA qu'il traite. La filature de La-Croix-Aux-Mines a l'habitude d'utiliser du coton ou de la laine, mais aussi des matériaux inhabituels. « On est sur des fibres synthétiques, des aramides, des méta aramides, du kevlar, du polyester, du polyamide, du carbone, des créox, des inox. On va souvent faire du co-développement avec nos clients. Le fil qu'on livre pour la NASA, ce n'est pas le même que celui qu'on livre pour Ariane », précise Laurent Chaigneau, gérant et principal actionnaire de Schappe Techniques.
La haute couture est au service de la technologie spatiale. Avec seulement 3 concurrents dans le monde, cette entreprise est la seule en France à bénéficier de ce savoir-faire. « On a des machines qui font du fil simple, et d'autres machines qui permettent de l'assembler en plusieurs brins pour différentes résistances, différentes applications », explique Christophe Genet, responsable de l'atelier composites. « On a la pression. Il faut faire ça bien, on le fait pour tous les clients, mais oui la NASA ça donne une pression un petit peu plus haute quand même ».




Plusieurs tonnes d'un fil secret ont été fabriquées pour l'agence spatiale américaine, ce qui représente 11000 bobines, déjà expédiées aux États-Unis, qui ne serviront pas avant 2031. « Notre matériau est destiné à venir protéger tous les échantillons qui ont été collectés sur Mars, donc c'est protéger finalement une espèce de capsule qui va revenir sur Terre ».
Le patrimoine industriel de l'entreprise Schappe Techniques est capable de fournir l'aérospatial, comme le secteur des kimonos traditionnels au Japon, en fibre synthétique imitant parfaitement la soie. Tous ces fils passent sur des machines qui ont parfois 60 ans et sont veillées comme des trésors. Les machines modernes sont incapables de fournir le niveau de précision demandé pour ces fils du futur.

   
 
   
 
 



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