Une start-up française se lance dans l'agriculture lunaire et martienne

Sylvie Montard - 7 mars 2022


Les modules ovoïdes Biopod, structures gonflables destinées à la production autonome de plantes dans l'espace. Crédit : INTERSTELLAR LAB
 
La production de plantes en environnement contrôlé est un enjeu essentiel pour les missions de longue durée dans l'espace et à plus long terme sur la Lune et Mars. La jeune start-up Interstellar Lab a posé ses bagages dans la ville d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), en vue d'assembler en avril 2022 son premier Biopod, un module ovoïde tout droit sorti d'un film de science-fiction et destiné à la production de plantes sur la Lune et sur Mars.
 
L'initiatrice de ce projet s'appelle Barbara Belvisi, 36 ans. En 2018, elle se lance dans la résolution de problèmes de la planète, comme la gestion de l'eau ou la production alimentaire. Elle assiste à la même époque au spectaculaire lancement de la fusée Falcon Heavy de l'entreprise SpaceX et comprend que les vols humains vers la Lune et Mars sont désormais possibles.
 
Pour concrétiser son projet, la jeune entrepreneuse rencontre des ingénieurs de la NASA et de SpaceX, et trouve un soutien auprès d'Elon Musk. Désormais entourée d'ingénieurs et d'agronomes, Barbara Belvisi présente, en novembre 2020, son premier produit spatial, le Biopod, une structure étanche et autonome de 55 m2 qui permet de recréer des conditions idéales pour la croissance des plantes. À sa grande surprise, elle reçoit d'emblée des demandes d'achat… pour des usages terrestres ! À ce jour, la start-up a engrangé des précommandes pour 70 clients, essentiellement issus de l'industrie pharmaceutique et cosmétique.


Crédit : INTERSTELLAR LAB

Dans les locaux d'Ivry-sur-Seine, les agronomes s'affairent dans les phytotrons, chambres de culture aveugles au sein desquelles les paramètres environnementaux (lumière, humidité, température, CO2) sont contrôlés. Les jeunes pousses croissent en aéroponie, dans des bacs sans substrat. Leurs racines apparentes sont régulièrement vaporisées d'un fin brouillard d'eau enrichie de substances organiques (azote, oligoéléments, etc.)
 
L'ingénieur Jérémy Jauzion analyse les données transmises par les capteurs. « À l'intérieur des phytotrons, la température est maintenue entre 25 et 26 °C, décrit-il. Le taux d'humidité oscille entre 72 et 76 % la journée, grâce à un déshumidificateur et un brumisateur. La nuit, les plantes ont besoin de plus d'humidité, qui grimpe jusqu'à 95 % entre 2 heures et 8 heures du matin. » Ce système permet de reproduire différents climats et saisons en fonction des plantes à cultiver. Dans l'interview ci-dessous du 7 mars 2022, Barbara Belvisi, fondatrice d’Interstellar Lab, répond sur Europe 1 aux questions de Dimitri Pavlenko. Ensemble, ils reviennent sur l'intérêt du Biopod.




Le Biopod est gonflable, ce qui autorise un transport compact, notamment dans la coiffe d'une fusée. Sa partie déployable est composée de deux couches de film polymère séparées par une couche d'air isolante. Une légère surpression de l'air à l'intérieur du module maintient sa forme ovoïde. Les membranes transparentes, sortes de fenêtres sur l'univers pour les futurs colons spatiaux, sont conçues pour absorber la chaleur des rayons infrarouges et arrêter les rayons ultraviolets oxydants. Une dizaine de dômes devraient sortir du hangar d'Ivry-sur-Seine cette année. « Nous projetons d'accélérer ensuite la production pour arriver à assembler plus de 200 Biopods par an, annonce Barbara Belvisi. En 2023, nous allons ouvrir des usines d'assemblage aux États-Unis et en Europe ».


Crédit : INTERSTELLAR LAB

Au-delà, la start-up française prévoit d'envoyer dans la Station spatiale internationale (ISS) un système composé de plusieurs phytotrons de 60 cm de côté permettant de produire des légumes, des champignons et des insectes pour les astronautes. Baptisé Nucleus, ce système modulaire a été sélectionné en octobre 2021 par la NASA pour une première phase de test.
 
L'ISS abrite depuis déjà vingt ans des expériences de "jardinage". Plusieurs systèmes de production de plantes se sont succédé en orbite, notamment l'actuel Veggie, de la NASA. Laitues, radis, choux, riz, blé, piments font partie des diverses espèces cultivées par les astronautes. De la taille d'une valise, Veggie contient généralement six plantes destinées à l'étude de l'influence du CO2, des températures et taux d'humidité sur la croissance des plantes, ou encore la mesure des effets des radiations sur les graines.


Système de culture en orbite Veggie, dans la station spatiale internationale (ISS). Crédit : NASA

Au-delà de la seule alimentation, l'utilisation de plantes dans un vaisseau spatial permet de recycler les déchets produits par l'équipage, comme l'expérimente le programme Melissa (Micro-Ecological Life Support Alternative) mené depuis plus de trente ans par l'ESA, l'agence spatiale européenne. Dégradées par des bactéries, les eaux usées nourrissent légumes et microalgues, formant ainsi un cycle fermé.


Culture de laitue issue du programme Melissa de l'ESA. Crédit : ESA

La Chine, de son côté, a fait l'expérience directement avec des humains… et des vers de farine ! Solennellement baptisé "Palais lunaire 1", ce démonstrateur de 160 m2, situé à Pékin, est composé d'un espace de vie et de deux grands modules de cultures végétales. En 2017, huit étudiants de l'Université de Beihang y ont séjourné successivement de trois à six mois pour assurer avec succès le voyage immobile d'un an de cet écosystème reposant sur l'alliance humain-animal-plante-micro-organisme.
 
Toutes ces expériences de boucles biorégénératives ont inspiré à Interstellar Lab l'ambitieux projet d'une station lunaire baptisée Ebios (Experimental Bioregenerative Station). Les Biopods sont raccordés à un module central et constituent, avec d'autres dômes de travail et d'habitation, une base de vie fonctionnant en circuit fermé : les eaux usées y sont là aussi recyclées avec les plantations, qui de leur côté transforment le CO2 en oxygène. Un tel village doit être d'abord expérimenté dans le désert de Mojave, en Californie.


Voici à quoi pourrait ressembler un village EBios. Crédit : Interstellar Lab

Source: sciencesetavenir.fr
 
   
 
 
Une occultation de Mars par notre Lune va se produire dans la nuit du 7 au 8 décembre prochain. Ce spectacle astronomique est rarement visible en France.
 
 
L'analyse d'images des profondeurs de Valles Marineris, le grand canyon martien, incite la science à y rechercher des indices d'activité biologique ancienne sur Mars.
 
 
Une animation présente les moments clés de la campagne Mars Sample Return, depuis l'atterrissage sur Mars et la sécurisation des tubes d'échantillons jusqu'à leur lancement vers la Terre.
   
 
La sonde Mars Express de l'ESA a révélé que Mars produit des modèles de nuages étonnamment semblables à ceux de la Terre, évoquant ceux des régions tropicales de notre planète.
 
 
L'ingénieur en chef Bob Balaram est le principal concepteur de l'hélicoptère Ingenuity qui évolue sur Mars depuis avril 2021. Il vient de dévoiler le design des futurs drones martiens.
 
 
Un survol récent de Phobos, la plus grande lune martienne, a permis de tester l'une des dernières améliorations de l'instrument MARSIS sur la sonde européenne Mars Express.
   
 
Pour la première fois depuis sa mise en orbite autour de Mars il y a 8 ans, la sonde MAVEN a été témoin de deux types d'aurores ultraviolettes simultanées, causées par des tempêtes solaires.
 
 
Sans tectonique des plaques, l’histoire de la croûte de Mars semblait simple à comprendre. Une nouvelle étude suggère cependant que sa formation pourrait être plus complexe que prévu.
 
 
La NASA continue de rechercher sur Mars des traces organiques ou minérales dont l'origine ne peut s'expliquer autrement que par la présence de structures ou d'activités biologiques.
   
 
Capturée le 1er novembre 2022 par le rover Perseverance, cette photo laisse entrevoir une forme rocheuse qui évoque celle d'une pyramide. Serait-ce la preuve d'une intelligence extraterrestre ?
 
 
Perseverance sillonne le cratère Jezero en carottant des échantillons de roche, qui seront stockés en surface puis rapportés sur Terre en 2033. La NASA a sélectionné le site de récupération.
 
 
Des chercheurs américains ont dévoilé une nouvelle preuve de la présence d'un ancien océan sur Mars, qui se serait formé il y a 3,5 milliards d'années, durant la période du Noachien/Hespérien.
   
 
La Russie devait fournir la fusée et la plate-forme d’atterrissage du programme ExoMars. Moscou étant désormais hors course, l’ESA cherche un moyen de poser son rover Rosalind Franklin.
 
 
La NASA a dévoilé un film sur son rover Opportunity, qui aura foulé le sol de Mars pendant 15 ans. Le film documentaire arrivera sur Amazon Prime Video le 23 novembre 2022.
 
 
Et si le meilleur moyen d'atterrir sur Mars était de s'écraser au sol ? Ce prototype d'atterrisseur utilise une base pliable en forme d'accordéon qui absorbe l'énergie d'un choc violent.