La sonde InSight agonise mais a détecté un séisme record sur Mars

Sylvie Montard - 21 décembre 2022



 
Toutes les missions ont une fin, mais certaines sont plus amères que d’autres. Lorsqu’un robot envoyé sur Mars commence à accumuler trop de poussière sur ses panneaux solaires pour que ces derniers ne se rechargent, c’est souvent mauvais signe. C’est la situation qu’est en train de vivre la sonde InSight, envoyée sur Mars en 2018 par la NASA, avec la collaboration de l’ESA.
 
InSight a décollé de la Terre le 5 mai 2018, pour atterrir sur Mars le 26 novembre de la même année. L’objectif de cette mission se concentre sur l’étude de la structure interne de la planète. Le robot est équipé d’un sismomètre très poussé qui a permis aux scientifiques d’en apprendre beaucoup sur la planète rouge. InSight a notamment délivré des modèles 3D précis de l’intérieur de la planète, et il a contribué à mesurer le transfert de la chaleur à l’aide d’une sonde thermique très poussée : cela a permis d’étudier l’évolution géologique de Mars.


La NASA a célébré la première image envoyée par InSight le 26 novembre 2018, confirmant son atterrissage sur Mars.

Parmi les autres accomplissements notables d’InSight, on peut citer l’enregistrement du bruit du vent de Mars, qui représente en réalité les vibrations détectées par les panneaux solaires du robot. Cette découverte réalisée en décembre 2018 symbolise la toute première fois où l’homme a pu entendre le vent venu d’une autre planète, ce qui n’est pas banal.
 
La mission d’InSight arrive désormais à son terme, et compte tenu de ce que le robot a apporté à la science, c’est forcément un événement triste. Dans un tweet posté le 19 décembre 2022, le compte Twitter de la mission InSight laisse présager sa fin imminente. Comme souvent lorsqu’il s’agit de missions de la NASA, le message est écrit à la première personne, comme si le robot twittait lui-même.



« Ma puissance est vraiment faible, donc c’est peut-être la dernière photo que je peux envoyer. Cependant, ne vous inquiétez pas pour moi : mon séjour ici a été à la fois productif et serein. Si je peux continuer à parler à mon équipe de mission, je le ferai — mais je m’arrêterai bientôt là. Merci de rester avec moi. »
 
À l’automne 2021, la sonde InSight a enregistré deux tremblements de terre particulièrement intenses, avec des magnitudes respectives de 4,1 et 4,2 sur l’échelle de Richter. Il s’agissait des secousses les plus violentes jamais capturées sur Mars. On parle aussi de marsquakes, une contraction de Mars et du terme anglais earthquake (tremblement de terre).


Dans le schéma ci-dessus, on aperçoit l'épicentre des différents séismes enregistrés par InSight. Jusqu'à présent, tous les séismes enregistrés avaient leurs sources proches de la sonde, représentées par les points noirs. Les deux séismes de magnitude supérieure à 4 et enregistrés à la fin de l'été 2021 sont localisés beaucoup plus loin. l'un est localisé dans la région de Valles Marineris (tirets blancs). Le second est moins facile à repérer et tombe dans la zone blanchie. Crédit: Horleston

Mais le plus grand tremblement de terre jamais détecté sur Mars d'une magnitude de 4,7 s'est produit en mai 2022 et a duré plus de quatre heures, libérant cinq fois plus d'énergie que les tremblements de terre enregistrés précédemment. Bien que modéré selon les normes terrestres, le tremblement était néanmoins suffisamment puissant pour envoyer des ondes sismiques autour de la circonférence de la planète. C'est la première fois que ce phénomène a été observé sur Mars.
 
« L’énergie libérée par ce marsquake singulier était équivalente aux énergies cumulées de tous les autres marsquakes enregistrés jusqu’à présent. Même s’il était à plus de 2000 kilomètres, les ondes ont quasiment saturé notre sismomètre ! », explique Josh Clinton, planétologue au prestigieux ETH Zurich.



Comme sur Terre, l'étude des ondes sismiques qui traversent les roches peut donner aux scientifiques des indices sur la température et la composition de la planète sous la surface, et permettre la recherche d'eau souterraine ou de magma. Cela aide également les scientifiques à comprendre les forces passées qui ont façonné la planète.
 
Les ondes associées à ce mégaséisme ont fait un sacré bout de chemin. « Pour la première fois, nous avons pu identifier des ondes de surface, qui se déplaçaient dans la croûte et le manteau, qui ont fait plusieurs fois le tour de la planète », ajoute Josh Clinton. Il s’agit donc de relevés particulièrement intéressants pour les chercheurs.



Le dernier élément fascinant, c’est la localisation de ce séisme record. En effet, il est originaire d’une région située à proximité d’une région baptisée Cerberus Fossae. Or, cette zone est déjà dans le collimateur des chercheurs. Il y a un peu plus d’un mois, une autre équipe de l’ETH Zurich qui travaillait sur les relevés d’InSight y a identifié une vingtaine de séismes étranges. À cause de leur profil très particulier, les chercheurs ont suggéré que du magma à l’état liquide pourrait se cacher sous la surface de Cerberus Fossae.
 
Il sera donc intéressant de suivre les résultats de cette étude. Ce séisme unique en son genre pourrait bien révéler de nouvelles informations sur ce qui se trame dans les tréfonds de la planète rouge. Et même s’il n’apporte aucune information déterminante à ce niveau, il continuera d’être utile. Puisqu’il a parcouru l’intégralité de la planète à plusieurs reprises, le signal pourra aussi être comparé à ceux des plus petits séismes pour affiner les conclusions précédentes des chercheurs.


Source: marsdaily.com
 
   
 
 
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