La réplique du rover Rosalind Franklin s'entraîne à rouler dans le sable

Sylvie Montard - 4 janvier 2022


Crédit : ESA
 
La prochaine mission martienne sera européenne. Le programme ExoMars comprend deux missions. La première concerne la sonde Trace Gas Orbiter, lancée en 2016. La seconde, repoussée à plusieurs reprises, sera dédiée à l'astromobile Rosalind Franklin. Avec un décollage prévu en septembre 2022, le rover sera chargé (tout comme son confrère américain Perseverance) de détecter d'anciennes traces de vie dans le sol de Mars.
 
Pour échapper à une mort certaine, le futur rover européen Rosalind Franklin sera capable de sillonner les dunes de sable martiennes sans s'enliser. Car si il y a bien une chose que la NASA et l'Agence Spatiale Européenne redoutent sur la planète rouge, c'est le sable. En mai 2009, le rover Spirit évoluait dans une zone appelée « Troy », où il a rencontré un sol sablonneux qui faisait patiner ses roues. Les techniciens de la NASA ne sont jamais parvenu à l'extraire.
 
Pour éviter cela, le rover Rosalind Franklin (et sa réplique dans le simulateur de terrain martien, situé en Italie) dispose d'un moyen de déplacement unique sur roues. Contrairement à tous les rovers qui ont évolué sur Mars, les axes des roues de Rosalind Franklin ne sont pas fixes et sont mécanisés. Semblable aux mouvements des jambes, la marche des roues combine les mouvements des actionneurs de déploiement avec la rotation des roues pour progresser sans glissement. Ce mouvement donne une très bonne traction dans les sols mous et les fortes pentes, comme les dunes de sable. Le robot peut ainsi avancer prudemment d'un mètre en dix minutes.



Les tests se sont déroulés dans le simulateur de terrain martien au centre de contrôle des opérations du rover dans les locaux de Thales Alenia Space à Turin, en Italie, en novembre 2021. C'est là-bas que les opérations scientifiques du rover auront lieu une fois que Rosalind Franklin aura atterri sur Mars, en juin 2023. En attendant, l'installation est utilisée pour former les opérateurs de rover et simuler les opérations scientifiques qui seront attendues dans la mission principale.


Crédit : ESA

« Nous espérons ne jamais avoir besoin d'utiliser cette technique de déplacement sur Mars pour échapper aux sols sablonneux, mais nous sommes heureux d'avoir une telle fonctionnalité pour potentiellement protéger la mission. C'est vraiment notre assurance contre les terrains difficiles », commente Luc Joudrier, responsable des opérations ExoMars de l'ESA.

Source: esa.int
 
   
 
 



Créer un site
Créer un site