Phoenix
Caractéristiques
Comme le Phénix, cet animal mythique qui renaît de ses cendres, la sonde américaine Phoenix est la réincarnation de deux anciennes sondes : Mars Polar Lander et Mars Surveyor 2001. La première s'est écrasée à l'atterrissage en 1999 et la seconde n'a jamais été lancée suite à ce terrible échec... L'atterrisseur Phoenix a été en quelque sorte bricolé à partir des éléments restants de ses deux ancêtres.
En phase de croisière vers Mars, l'atterrisseur était protégé par un bouclier thermique dans lequel il a été inséré, comme dans un cocon protecteur. L'étage de croisière fournissait l'énergie nécessaire aux systèmes de vol (ordinateur de bord, moteurs pour les changements de trajectoire etc...) grâce à des panneaux solaires. Au décollage, c'était plus de 670 kg qui furent envoyés vers Mars.
L'atterrisseur Phoenix possédait plusieurs instruments scientifiques :
- Un bras robotique qui lui permettait de creuser jusqu'à 50 cm de profondeur dans le sol martien et également de récolter des fragments de glace.
- Une caméra CCD fixée sur le bras robotique, pour photographier les échantillons de sol collectés et aussi les roches et les surfaces environnantes.
- Une caméra SSI (Surface Stereoscopic Imager) située en haut d'un mât et constituée de deux caméras CCD à haute résolution. Les images réalisées ont permis de comprendre la géologie du site et de choisir les meilleures zones pour prélever des échantillons.
- Un instrument TEGA (Thermal and Evolved-Gas Analyser) composé de 8 fours qui porte chaque échantillon de sol prélevé à 1000°C, et d'un spectromètre de masse qui déterminait la nature des éléments chimiques contenus dans le gaz issu de la cuisson de l'échantillon.
- Un instrument MECA (Microscopy, Electrochemistry and Conductivity Analyser) composé de deux microscopes, quatre béchers d'analyses chimiques situés sur la plate-forme de l'atterrisseur, et une sonde, située à l'extrémité du bras robotisé, destinée à mesurer la conductivité du sol, sa teneur en eau et ses caractéristiques thermiques.
- Une station météo qui renseignait sur la structure des nuages et la taille des particules.
- Une caméra de descente située sous la sonde pour prendre des images grand angle en couleur du site d'atterrissage.

Déroulement de la mission
Cet atterrisseur s'est posé sur Mars le 25 mai 2008, à proximité de la calotte polaire Nord, dans la région de Vastitas Borealis où de vastes stocks de glace ont été détectés sous la surface. Il s'agit d'une plaine dont la température avoisine les -100°. L'atterrisseur étudia la météo des pôles et a pu photographier le paysage qui l'entourait en relief. Très classiquement, et dans la droite ligne des priorités de l'agence spatiale américaine pour l'exploration de Mars, Phoenix a aussi cherché l'eau liquide qui a pu exister dans l'arctique martien. Durant les 90 sols de sa mission, Phoenix a donc creusé le sol de Mars, analysé les différentes couches du pergélisol et étudié l’évolution de l’atmosphère martienne au dessus d’elle. Le facteur déterminant de sa mission fut la quantité de poussière accumulée sur les panneaux solaires. Cette poussière s’accumulait de jour en jour sur les panneaux solaires.
Résultats scientifiques
Phoenix a permis de confirmer le 31 juillet 2008 la présence d'eau gelée sur le sol martien du pôle nord grâce à l'analyse d'un échantillon prélevé par le bras robotique de la sonde relevant des vapeurs dégagées par la chaleur. L'existence de cette glace d'eau était déjà connue grâce aux observations de 2001 Mars Odyssey.
Courant 2010, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a pris une photo du site d'atterrissage de Phoenix et constaté qu'elle a perdu un panneau solaire (qui a probablement cédé sous le poids de la glace) et qu'elle est totalement sombre donc probablement recouverte de poussière.
La dernière communication établie entre la Terre et la sonde Phoenix date du 2 novembre 2008. Elle est depuis considérée officiellement comme perdue. Sa mission aura au final duré plus de cinq mois.