Phobos pourrait nous en dire plus sur l'atmosphère passée de Mars


 
Phobos, l'une des deux lunes martiennes, a encore beaucoup de mystères à lever. Une récente étude publiée le 1er février 2021 dans la revue Nature Geoscience démontre que la surface du petit satellite pourrait nous renseigner sur la composition de l'atmosphère passée de Mars. Les scientifiques ont comparé les connaissances acquises sur notre Lune, et ce qu'elle a reçu de l'atmosphère terrestre. Les molécules transportés par les ions qui s'échappe de notre atmosphère sont détectables dans le régolithe lunaire, cette couche de roches située sous la poussière tapissant le sol de notre satellite.
 
Selon les chercheurs, le couple Mars-Phobos connaît très probablement une situation semblable. A l'époque où Mars a massivement perdu son atmosphère, la planète rouge a bombardé d'ions son plus proche satellite. Le régolithe de Phobos contient donc sûrement des traces moléculaires de l’atmosphère passée de Mars. Mais la grande inconnue aujourd'hui reste l'âge exact de Phobos. Elle pourrait tout aussi bien avoir quelques centaines de millions d'années, comme être âgée de 3,5 milliards d'années.
Largement soutenue par la NASA, cette étude montre que l'orbite de Phobos a traversé un flux d’éléments chargés qui auraient quitté l’atmosphère martienne. De plus, le satellite martien présente toujours la même face vers Mars, comme la Lune face à la Terre. La surface de cette partie exposée a donc reçu une quantité importante d'ions.
C'est grâce à la sonde MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN), lancée par la NASA en 2013 pour étudier l’atmosphère de Mars, que les scientifiques ont pu valider de telles conclusions. MAVEN a en effet traversé à plusieurs reprises l'orbite de Phobos, permettant à son instrument STATIC d'analyser la composition des ions thermiques du satellite de Mars.
Idéalement, il serait utile d'étudier des échantillons directement prélevés à la surface de Phobos, de la même manière que certaines météorites martiennes trouvées sur Terre et analysées en laboratoire.
C'est ce que va tenter de faire la future mission Martian Moons Exploration (MMX), menée par la Jaxa (Japon), le Cnes (France) et le DLR (Allemagne). Son lancement pourrait avoir lieu en 2024, avec un retour d’échantillon à l’horizon 2029.

   
 
   
 



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