Pathfinder et le rover Sojourner sont proches d’une ancienne mer intérieure

Notre voisine Mars garde encore à sa surface les stigmates de son passé mouvementé. Dans la région d'Ares Vallis, large vallée de débâcle située au nord de Terra Meridiani (où Opportunity menait ses investigations), la NASA a posé Pathfinder le 4 juillet 1997. Cette mission marquait le grand retour de l'Agence spatiale sur la planète rouge après deux longues décennies d'absence. Une fois que la plateforme a déployé ses pétales (panneaux solaires), elle a libéré un petit robot aux allures de four micro-ondes : Sojourner, le premier rover de l'histoire à rouler sur Mars.
Depuis la fin de cette mission, les scientifiques se demandent si Pathfinder avait posé les pieds dans une plaine inondée il y a 3,4 milliards d'années, comme l'avaient suggéré les observations de Mariner ou si le site avait plutôt été façonné par d'abondantes coulées de lave... Comme les recherches montraient que le niveau d'inondation à cet endroit était en réalité 10 fois moins profond que ce qui était pensé, le doute s'est installé, sans jamais réussir à le trancher.
Récemment, Alexis Rodriguez et des collègues du Planetary Science Institute, qui ont réouvert le dossier, concluent que Sojourner a probablement gambadé (quelques mètres) sur le site d'une ancienne inondation cataclysmique ! « Le bassin est recouvert de dépôts sédimentaires dont la répartition correspond exactement à l'ampleur présumée de potentielles inondations catastrophiques qui aurait formé une mer intérieure, soutient l'auteur principal de l'étude. Cette mer se trouve à environ 250 kilomètres en amont du site d'atterrissage de Pathfinder, une observation qui recoupe le cadre paléogéographique en tant que partie intégrante d'un déversoir marin qui a formé une barrière terrestre séparant la mer intérieure et l'océan septentrional.

Quant à l'absence de rivages distincts, cela s'expliquerait par un rapide retrait des eaux, estime l'équipe, à l'image de ce que l'on peut voir sur Terre avec la mer d’Aral. Restée longtemps indétectable, l'ancienne mer intérieure sur Mars (inland sea sur la carte ci-dessus), aurait été « rapidement recouverte de glace et aurait disparu en quelques milliers d'années en raison de son évaporation et de sa sublimation rapide », nous apprend Bryan Travis, qui évoque les simulations réalisées pour cette étude. L'eau serait restée liquide en dessous. Pour les chercheurs, elle remontait sans doute des nappes phréatiques. Aussi est-il permis de penser que cette vallée aujourd'hui asséchée est le terrain idéal pour rechercher les traces de vie passée sur Mars, d'autant plus que ces sites sont faciles d'accès, fait remarquer Alexis Rodriguez. Il n'y aurait en effet qu'à se pencher pour les ramasser.


Source : futura-sciences.com
 
   
 
 
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