Les parachutes du rover ExoMars 2020 sont testés dans l'atmosphère terrestre

Atterrir sur Mars n'est pas une mince affaire. Plusieurs techniques ont été essayées et de nombreuses sondes se sont écrasées. Sur cette planète, les rétrofusées des missions lunaires, par exemple, conviennent mal. En raison de la gravité, en effet, la quantité d'ergols nécessaire pour freiner est trop importante. Et contrairement aux cas de la Terre, de Vénus ou de Titan, l'atmosphère martienne est ténue. À 20 kilomètres de la surface, la vitesse de descente est encore de quelques kilomètres par seconde, contre environ 500 mètres par seconde sur Terre. Il ne reste du coup que quelques secondes pour freiner et atterrir. Le freinage doit donc être brutal. C'est pourquoi les agences spatiales préfèrent utiliser aujourd'hui des boucliers thermiques couplés à des parachutes avec une petite phase finale propulsive. Depuis Curiosity en 2013, la Nasa ajoute une grue à cette séquence.
En mars 2021, après un lancement en juillet 2020, la mission ExoMars 2020 se posera sur Mars. Cette mission de l'Agence spatiale européenne et de Roscosmos, réalisée sous la maîtrise d'œuvre de Thales Alenia Space, utilisera le plus grand parachute jamais utilisé sur Mars. D'un diamètre de 35 mètres, il a été testé début mars, à Kiruna, dans le nord de la Suède, à des températures négatives. Ce parachute est de conception annulaire, de façon à augmenter la traînée à des vitesses faibles. Cet essai, qui s'est bien déroulé, sera suivi d'autres à des altitudes plus élevées. Certains seront même réalisés depuis un ballon stratosphérique, à près de 30 kilomètres d'altitude, où la faible pression simule bien l'atmosphère martienne.
La séquence complète, qui mettra en jeu les quatre parachutes (deux principaux avec pour chacun un parachute pilote), sera également testée. L'utilisation de deux parachutes principaux n'a rien à voir avec de la redondance. Elle s'explique par la masse plus importante d'ExoMars 2020, quelque 2000 kg, contre 600 kg pour la mission précédente (ExoMars 2016) qui n'avait eu besoin que d'un seul parachute.
L'ensemble des quatre parachutes a une masse de 195 kg. À lui seul, celui de 35 m accuse 70 kg, et compte 5 kilomètres de cordes ! Ces 195 kg sont à comparer aux 310 kg du rover et aux 26 petits kilogrammes des instruments scientifiques. Quant au premier parachute de 15 mètres, il est de même conception que ceux utilisés pour ExoMars 2016 et la sonde Huygens de l'ESA qui a atterri sur Titan, la plus grande lune de Saturne, en 2005. Il sera déployé à des vitesses supersoniques alors que le deuxième parachute le sera à des vitesses subsoniques.
L'atterrissage d'ExoMars 2020 comportera également une petite phase propulsive, une fois largué le dernier parachute (celui de 35 mètres). Au moment du contact, un système d'amortissement réduira le choc de la plateforme d'atterrissage.


Source : futura-sciences.com
 
   
 



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