Le bouclier au-dessus du sismomètre d'Insight est posé

Et encore une étape franchie avec succès pour la mission InSight. Samedi 2 février 2019, la sonde qui s'est posée à la surface de la planète Mars a déployé avec succès son bouclier WTS (acronyme de Wind and Thermal Shield, qui signifie bouclier contre le vent et les températures), recouvrant le sismomètre à la manière d'une cloche. En effet, sa mission est à la fois de mettre le précieux instrument à l'abri des poussières charriées par le vent, mais aussi de faire un tampon thermique pour éviter les trop grands écarts de température entre le jour et la nuit sur Mars. L'opération a été conduite par le bras robotisé de la sonde InSight.
Cette cloche qui pèse 12 kilos a dû être parfaitement positionnée au-dessus de l'instrument tout en laissant un intervalle d'au moins 6 cm entre ce dispositif de mesure et la paroi interne du bouclier. Celui-ci est désormais correctement stabilisé sur ses trois pieds : il peut théoriquement résister à des rafales martiennes pouvant atteindre 60 à 100 mètres par seconde. Le risque qu'il soit renversé est donc pratiquement nul. En effet, «le vent de Mars bien que parfois fort (des coups de vent jusqu'à 15 m/s ont été mesurés) ne fait pas une forte pression car l'atmosphère est 50 fois plus ténue que sur Terre», précise le géophysicien français Philippe Lognonné, planétologue à l'institut du Globe de Paris. «Autrement dit, même quand le vent souffle sur Mars a 15 m/s, cela ne fait que l'équivalent d'un vent à 2 m/s sur Terre (soit 7,2 km/heure, donc un petit force 2 sur Terre)», raconte ce professeur à l'université Denis-Diderot, et l'un des principaux architectes de l'instrument de ce sismomètre.
Le CNES fait toutefois état d'une petite "sueur froide" durant l'opération. «On voit que la jupe ne sort pas bien sur les images», décrit Philippe Laudet, chef de projet InSight/SEIS. Pour expliquer cela, le CNES rappelle que l'équipement est resté pendant 8 mois replié sur le pont de l'atterrisseur et soumis à des températures très basses. «Cela a dû provoquer des rigidités», explique Philippe Laudet.
«Les thermiciens comptent sur le réchauffement progressif par le soleil pour que les maillons se relâchent et descendent, la faible gravité de Mars (38% de celle de la Terre) n'aidant pas. Sur l'image suivante, prise le lendemain, on constate que la jupe a commencé à descendre. De toutes façon, si elle ne tombe pas entièrement, l'ajout du dôme est très bénéfique pour l'amélioration des performances de SEIS, qui étaient déjà très bonnes même sans bouclier» poursuit le communiqué du CNES.
Le sismomètre SEIS avait été déposé par le même bras robotisé de la sonde InSight le 20 décembre 2018. Cet instrument est si sensible qu'il peut détecter des déplacements du sol de Mars (consécutifs à des vibrations) avec une précision de la taille d'un atome d'hydrogène.

Source : sciencesetavenir.fr
 
   
 
 
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