La NASA se prépare pour Mars sur ce champ de lave islandais

Avant la prochaine mission sur Mars en 2020, c'est dans les champs de lave islandais que la NASA prépare la poursuite du travail engagé par le robot Curiosity, en travaillant sur les futurs rovers martiens et sur les prochaines technologies qu'ils embarqueront. Niché au pied du Langjökull, deuxième plus grand glacier d'Islande dans l'ouest de l'île, le champ de lave de Lambahraun a été durant trois semaines en juillet 2019 le terrain de jeu d'une quinzaine de scientifiques et ingénieurs envoyés par l'agence spatiale américaine.
L'île volcanique perdue au milieu de l'Atlantique-nord a quelque chose en elle de martien, avec son sable noir de basalte, ses dunes façonnées par le vent, des roches noires et les sommets des montagnes environnantes. "Nous obtenons exactement le type de motifs et de transports de matériaux que les scientifiques souhaitent voir", souligne sur place, Adam Deslauriers, responsable espace et instruction pour Mission Control Space Services, une société canadienne basée à Ottawa qui a été mandatée par la NASA pour tester un prototype d'astromobile, dans le cadre du projet SAND-E (Navigation semi-autonome pour les environnements détritiques).

Le petit véhicule électrique se déplace grâce à quatre roues motrices, entraînées par deux moteurs latéraux. Il fonctionne comme une pelleteuse grâce à 12 petites batteries de voiture dissimulée à l'intérieur. "Ce rover est fondamentalement indestructible, assure Adam Deslauriers. Ceux que nous avons sur Mars et la Lune seraient beaucoup plus sensibles à l'environnement et aux conditions de l'Islande : un rover lunaire n'est absolument pas préparé à la pluie", dit-il.
Équipé de capteurs 3D, d'un ordinateur, d'une caméra à deux objectifs et d'instruments scientifiques, le rover piloté à distance ou à l'aide d'une télécommande promène ses 570 kg à environ 20 cm/s. "C'est uniquement pour des raisons de sécurité car il faut beaucoup de temps pour que les images reviennent d'une autre planète", explique Mark Vandermeulen, ingénieur en robotique. C'est pourtant 2 à 4 fois plus rapide que la vitesse de conduite sur la planète rouge.
Le robot recueille et classifie les données de son environnement grâce à l'imagerie qu'il envoie aux ingénieurs qui se trouvent dans une remorque à plusieurs centaines de mètres de distance de la machine. Ces derniers rassemblent ensuite les données et les transmettent aux scientifiques, confinés à l'étroit dans une tente accolée à la remorque, le tout pour simuler la manière dont les renseignements seraient envoyées de Mars vers la Terre. Les chercheurs rejoignent ensuite à pied la zone étudiée par l'astromobile, armés d'un radiamètre, d'un double décimètre et d'échantillons de prélèvements, car le prototype n'est pas encore capable de le faire. Mais sa version finale pourra collecter et stocker des échantillons.

Les sites sont choisis pour étudier la façon dont le sable et les roches changent à la fois de composition chimique et de propriétés physiques à mesure qu'ils se déplacent depuis le glacier vers la rivière avoisinante. Car avant que Mars ne devienne un désert congelé inhospitalier où la température moyenne oscille autour de -63°C, les scientifiques pensent qu'elle ressemblait beaucoup à l'île subarctique. "La minéralogie en Islande est très similaire à celle que nous trouverions sur Mars", observe Ryan Ewing. Le professeur en géologie et géophysique à l'Université A&M du Texas aux États-Unis fait notamment référence aux nombreuses roches sombres, dites mafiques, c'est-à-dire riches en magnésium et en fer comme les olivines et pyroxènes déjà trouvées sur Mars. "De plus, il y a peu de végétation et il fait froid".
L'Islande a déjà servi de décor pour des exercices de la NASA. À l'occasion des missions Apollo, 32 astronautes ont suivi une formation grandeur nature à la géologie sur l'île volcanique en 1965 et 1967 dans les champs de lave de l'Askja, au cœur des hauts-plateaux, ou près du cratère du Krafla au nord du pays. Les campagnes analogiques planétaires permettent à la NASA de tester le matériel et les procédures (ainsi que ceux qui vont les exécuter) dans des environnements extrêmes qui modélisent ceux auxquels les astronautes ou les robots vont être confrontés dans l'espace.


 


Source : la-croix.com
 
   

(heure de Paris)
Lever de Mars: 13h02
Coucher de Mars: 2h51
Distance Terre-Mars
129,6 millions de km

Arrivée du rover
Perseverance
sur Mars dans


 
   
 
Malgré toute la controverse qu'ils suscitent sur Terre, les réacteurs nucléaires peuvent produire l'énergie et la propulsion nécessaires pour transporter de gros engins spatiaux vers Mars.
 
 
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