La mission ExoMars est de nouveau reportée

Les agences spatiales ESA et Roscomos, respectivement européenne et russe, ont reporté de deux ans le lancement de la mission ExoMars et de son rover Rosalind Franklin en raison de difficultés techniques et de l'épidémie de coronavirus. Prévue en 2020, cette mission devait décoller à bord d'un lanceur russe Proton à destination de Mars dans l'espoir de trouver des traces de vie éteinte, voire en activité. Son lancement, toujours à bord d'un Proton, est maintenant prévu lors de la prochaine de fenêtre de tir qui aura lieu entre août et octobre 2022. En 2016, les deux agences avaient déjà été contraintes de reporter le lancement d'ExoMars, alors prévu en mai 2018. À l'époque, pour justifier ce report, elles avaient évoqué des retards dans les activités industrielles européennes et russes, ainsi que dans les livraisons relatives à la charge utile scientifique.
Pour certains, l'annonce n'est pas vraiment une surprise. Les équipes étaient déjà empêtrées dans la mise au point des parachutes, dont on apprenait plus tard que la taille et la complexité s'expliquaient par l'atterrisseur russe doté d'un système rétro-propulsif pas assez puissant. L'ESA et Roscosmos rencontraient aussi des problèmes concernant des équipements électroniques et l'écriture du logiciel de bord. Alors que les responsables de la mission étaient confiants en fin d'année 2019 pour tenir les délais et le planning de qualification, ils ont dû se rendre à l'évidence et accepter, malgré la cadence de travail très élevée des équipes en 3 x 8, ne pas pouvoir être prêts à lancer durant l'été 2020. L'aggravation de l'épidémie de Covid-19 en Europe, n'a évidemment pas arrangé les affaires d'un projet très international avec des usines et des sites d'assemblage et de construction répartis en Espagne, en Angleterre, en France, en Italie et en Russie principalement. L'épidémie a fortement compliqué la tâche des équipes du fait de l'interdiction de se rendre en Italie et les périodes de quarantaine imposées aux citoyens français par la Russie par exemple.
Il faut aussi savoir que la participation russe à la mission n'a pas été au niveau attendu. Ainsi, la firme russe NPO Lavotchine, qui réalise la plateforme d'atterrissage Kazachok, a perdu beaucoup de compétence d'ingénierie du fait d'une activité très ralentie. La façon de travailler des équipes russes était également très en décalage avec celles des autres partenaires du projet, ce qui a été un facteur de ralentissement, malgré la bonne volonté des équipes russes.  Sans surprise, ce deuxième report entraînera des coûts supplémentaires qui porteront le budget total du programme au-delà des deux milliards d'euros ! Une rallonge qui ne sera évidemment pas simple à trouver d'autant plus qu'ExoMars n'étant pas une mission obligatoire dans le jargon de l'ESA, son financement dépend du bon vouloir des États membres qui souhaitent la financer. À suivre donc.


Source : futura-sciences.com
 
   
 



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