La fin programmée de l'ISS met en danger la conquête de Mars

La NASA se trouve dans une situation paradoxale. À la recherche de crédits supplémentaires pour donner corps à son rêve d'envoyer des hommes vers Mars, elle a décidé à l'horizon 2025 de mettre fin aux subventions fédérales permettant en grande partie l'entretien et le développement de la Station spatiale internationale (ISS).
Mais les recherches et les expériences menées à bord de l'ISS sont de première importance pour espérer, un jour, lancer des vols habités vers notre voisine. Dans un rapport publié le 30 juillet 2018, l'agence spatiale américaine explique qu'au moins six des vingt études portant sur les risques pour l'être humain de séjours prolongés et de voyages de longue durée dans l'espace n'auront pas été menées à leur terme en 2025. Les conséquences cognitives et comportementales d'une telle expédition resteraient alors une grande inconnue.
Les avancées technologiques nécessaires à un voyage vers Mars seraient également menacées. L'arrêt de l'exploitation de l'ISS mettrait un terme à au moins quatre projets majeurs concernant notamment le fonctionnement des moteurs à la gravité zéro, la problématique de l'approvisionnement à long terme ou l'amélioration des combinaisons spatiales pour des missions de plusieurs années.
Mary Linne Dittmar, de la Coalition pour l'exploration spatiale lointaine, rappelle que « pour que des humains voyagent dans l'espace sur des durées aussi longues qu'un voyage vers Mars, ces problèmes doivent être résolus. On ne peut pas s'arrêter à mi-chemin pour se ravitailler ». La NASA se pencherait actuellement sur la façon de poursuivre certains de ces travaux au sol, même si elle reconnaît elle-même que les recherches les plus importantes ne peuvent se dérouler ailleurs que dans l'espace.
La reprise, très hypothétique, de l'activité de l'ISS par des sociétés privées laisse un mince espoir que ces expérimentations puissent être poursuivies. Selon Mary Linne Ditmar, la tâche s'annonce cependant très ardue. « Il faudra bien que quelqu'un finance les coûts croissants de maintenance d'une structure vieillissante, tout en réduisant les coûts d'exploitation et en générant des revenus. Je ne dis pas que c'est impossible, mais ce sera un grand défi », explique-t-elle.
La possibilité d'envoyer des êtres humains sur Mars continue pourtant à nourrir les rêves de certains, comme le patron de SpaceX Elon Musk. Autant dans un souci d'exploration que de préservation de l'espèce humaine, le milliardaire américain compte bien construire à long terme des bases sur la Lune ou sur Mars.


Source : lepoint.fr
 
   
 



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