Des étudiants ont travaillé sur des concepts de fermes martiennes


 
Vivre sur Mars ne sera pas une mince affaire. Plusieurs obstacles se dressent face à la science, comme les radiations solaires, l'environnement froid, et la faible gravité. Pour que l'Homme puisse s'installer sur le sol martien, il devra avant tout pouvoir y survivre, en étant capable de produire lui-même de l'eau potable, de l'oxygène, et de la nourriture, car rien de tout cela ne sera transportable. C'est dans ce contexte que le projet de design et d'innovation "Mars City Design Challenge" est né. Ce concours annuel imaginé par l'architecte Vera Mulyani est destiné aux étudiants de toutes nationalités. L'objectif de ce concours est de réfléchir sur des concepts de fermes martiennes.

 

Pour l'année 2020, le thème "Urban Farming" a été proposé, afin d'imaginer des innovations architecturales qui offrent aux futurs colons de Mars une sécurité et une autonomie alimentaire.
Le concours de la créatrice Vera Mulyani va donc au-delà de la survie. Il s'agit surtout de bien préparer les infrastructures avant l'arrivée des premiers habitants, et de s'installer durablement. Le travail collaboratif sera essentiel pour garantir un certain confort et une bonne productivité sur la planète Mars.
Le challenge a été divisé en trois catégories distinctes : l’Ingénierie de l’agriculture martienne, le design, et l'architecture. Au total, dix équipes ont remporté l'édition 2020 du concours.
Si 4 équipes ont été sélectionné dans la catégorie ingénierie de l’agriculture martienne, c'est le projet de Justin Pourkaveh, un ingénieur des fluides thermiques travaillant dans l’aérospatial, qui occupe le haut du podium, avec son concept Justin’s Mars Farm. Il propose un système de production de nourriture constitué de modules interconnectés de 290 m², pour un total de surface de plantation de 1450 m². Les modules disposent de fenêtres et sont capables de réguler la lumière, l'humidité et la température. Inspiré des progrès réalisés dans le domaine de l'agriculture intérieur, chaque unité peut produire assez de nourriture pour 9 personnes.




Dans la catégorie Design, c'est le projet MarSpine de l'ingénieur en architecture Mohamed Emad qui a été retenu. Il a été dessiné comme un système à boucle fermée qui se tourne vers l'In-Situ Resource Utilisation (ISRU) pour les matériaux de construction, la nourriture, l’eau, l’énergie ou encore l’abri pour les habitants.  Il s’agit d’une structure avec une branche centrale qui divise le tout en deux sections munies de réseaux de « bronchioles » s’étendant vers les bords.
Elle pourra être imprimée en 3D en utilisant le régolithe local combiné avec des nanotubes de carbone préfabriqués pour assurer la solidité, la durabilité, et la flexibilité. L’enveloppe externe sera quant à elle recouverte de polytétrafluoroéthylène pour réduire les frictions avec la poussière, fournir une protection supplémentaire contre les rayons UV, et assurer la stabilité de la température interne. Côté culture, MarSpine pourra soutenir trois types de systèmes agricoles : la plantation de graines terriennes directement dans le sol de Mars, l’aquaponie où des plantes poussent dans l’eau avec différents types de poisson, et l’hydroponie où les plantes poussent sans utiliser de la terre.




La Catégorie architecture a été obtenue par Guiseppe Calabrese d’Autriche et d’Italie. Son concept s’appelle Sprout et il découle de l’idée que l’agriculture sur Terre implique la destruction de l’environnement naturel et la production en masse de déchets. Le système de Calabrese va ainsi transformer les déchets en un processus agricole durable et en énergie. Au centre de l’infrastructure, il y aura le Green Power House qui est un concept inventé par Michael Smith et qui imite la nature pour répondre aux besoins de l’homme. Ce sont des robots qui imprimeront en 3D des blocs de construction ressemblant à des pièces de Lego en utilisant le matériel provenant du delta dans le Cratère Jezero, des fibres de basalte extraits, et des bioplastiques.



Lorsque le Power House sera opérationnel, il pourra transformer les déchets en ressources et produire de l’électricité à l’aide de trois types de réacteurs naturels. Des robots vont également créer des murs pour les serres cylindriques et les modules d’habitation. D’autres robots vont ensuite planter dans les serres et lorsque les premiers habitants arriveront, les plantes auront eu le temps de pousser et seront prêtes à être récoltées. Le cycle sera fermé puisque les plantes vont produire la biomasse pour le générateur et celui-ci va produire les fertilisants ainsi que l’amendement du sol.
 
 
   
 
 



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