InSight détecte d'étranges pulsations magnétiques dans les entrailles de Mars

À minuit sur Mars, le champ magnétique entre parfois en vibration de façon inédite. À l'heure actuelle, la cause de cet étrange comportement reste inconnue. Ce n'est que l'une des étonnantes premières découvertes du tout premier géophysicien robotisé envoyé par la NASA sur Mars, l'atterrisseur InSight. Depuis son atterrissage en novembre 2018, cet engin spatial a recueilli des données pour aider les scientifiques dans leur compréhension des entrailles et de l'évolution de notre chère voisine, en prenant par exemple la température de sa croûte supérieure, en enregistrant le bruit des séismes extraterrestres et en mesurant la force et la direction du champ magnétique de la planète.
Comme annoncé lors d'une série de présentations en septembre 2019 à l'occasion d'une réunion commune du Colloque européen de planétologie et de la Société américaine d'Astronomie, les premières données transmises par la sonde suggèrent que les machinations magnétiques de Mars sont fabuleusement chaotiques. En plus de ces étranges pulsations magnétiques, les données de l'atterrisseur montrent que la croûte martienne serait bien plus puissante sur un plan magnétique que ne le prévoyaient les scientifiques. En outre, l'atterrisseur a détecté une couche particulièrement électroconductrice, épaisse d'environ 4 km, profondément enfouie sous la surface de la planète. Il est bien trop tôt pour l'affirmer, mais il est possible que cette couche soit en fait un réservoir d'eau liquide à l'échelle de la planète.
Sur Terre, les nappes phréatiques forment une mer dissimulée et piégée par du sable, le sol et des roches. S'il y avait quelque chose de semblable sur Mars, « nous ne devrions pas être surpris, » a déclaré Jani Radebaugh, planétologue à l'université Brigham Young, non impliqué dans les travaux. En revanche, si ces résultats sont confirmés, une région liquide de cette envergure sur Mars à l'heure actuelle aura d'énormes conséquences pour la présence de vie, qu'elle soit passée ou future.
La Terre est dotée d'un important champ magnétique grâce à sa rotation et au malaxage de son noyau externe liquide riche en fer. De la même façon, l'histoire du champ magnétique de Mars est inscrite dans sa croûte, comme l'ont découvert en 1997 les scientifiques grâce aux données fournies par l'orbiteur Mars Global Surveyor. Celui-ci avait alors découvert que le champ magnétique généré par la croûte martienne était dix fois supérieur à celui de la Terre lorsqu'il était mesuré à la même distance de la surface. Cependant, Mars a eu moins de chance que la Terre. Il y a environ quatre milliards d'années, son noyau externe agité se serait subitement paralysé, provoquant l'affaissement de son champ magnétique.
Comprendre pourquoi ces deux planètes ont connu un sort si différent exige d'obtenir les meilleures mesures possibles des fantômes magnétiques martiens mais depuis l'orbite, la force de ce vestige magnétique n'apparaît qu'avec une très faible résolution. C'est un peu comme regarder une foule depuis une bonne distance, si beaucoup de personnes portent un t-shirt rouge et quelques-unes des t-shirts bleus, une caméra éloignée n'enregistrera que la prépondérance de rouge. En revanche, si l'on se rapproche avec la même caméra, les nuances de bleu apparaîtront plus clairement.
Le magnétomètre embarqué sur la sonde InSight, a surpris les scientifiques, en découvrant que le champ magnétique entourant le robot était environ 20 fois plus puissant que leurs prévisions d'après les précédentes mesures orbitales. Fait encore plus troublant, InSight a également découvert que le champ magnétique qui l'entourait subissait de temps en temps des sursauts. Ces oscillations sont appelées pulsations magnétiques.
Ces pulsations sont en fait des variations de la puissance ou de la direction du champ magnétique et ne sont pas totalement inhabituelles. Il s'en produit de nombreuses sur Terre comme sur Mars, en réponse entre autres au chaos de la haute atmosphère, à l'action des vents solaires et aux anomalies des bulles magnétiques de la planète. Ce qui est étrange en revanche, c'est le fait que ces sursauts martiens se produisent à minuit heure martienne, comme s'ils répondaient au signal d'un chronomètre nocturne invisible.
Sur Terre, les pulsations nocturnes se produisent généralement à des latitudes plus élevées et sont liées aux aurores australes et boréales. Pour le moment, celles observées sur Mars n'ont pas de source évidente mais les scientifiques ont au moins un suspect en tête. Bien qu'elle n'ait plus de champ magnétique puissant à l'échelle globale, Mars est entourée d'une faible bulle magnétique qui se crée à mesure que les vents solaires interagissent avec sa mince atmosphère. En retour, cette bulle est comprimée par le champ magnétique des vents solaires et prend une forme allongée, comme si elle avait une traîne. À minuit, la position d'InSight sur Mars est alignée avec cette traîne et lorsque leurs chemins se croisent, la traîne pourrait pincer le champ magnétique de surface un peu comme un guitariste pince ses cordes.
Les scientifiques ont également annoncé que les caractéristiques des signaux magnétiques semblaient indiquer la présence d'une couche électroconductrice enfouie quelque part sous le sol martien, probablement située à plus de 100 mètres sous la surface.
Des tests réalisés dans des déserts terrestres ont montré qu'il était possible de détecter des nappes d'eau souterraine à l'aide d'un magnétomètre. Il en va de même pour le magnétomètre dont est équipée la sonde InSight et il est possible que la couche détectée soit une aquifère contenant de l'eau et des solides dissous, ou une couche mêlant eau et glace, qui pourrait bien s'étendre sous l'ensemble de la planète.


Source : nationalgeographic.fr
 
   
 
 
La mission Mars Orbiter (MOM), exploitée par l’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO), vient de tirer sa révérence, faute de carburant.
 
 
La planète Mars continue de dévoiler ses secrets avec une flopée de nouvelles images de sa surface, capturées du 3 au 29 juillet 2022 par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter.
 
 
L’hélicoptère martien de la NASA a effectué son 33ème vol le samedi 24 septembre dernier. Lors du trajet, sa caméra de navigation a aperçu un morceau de débris accroché à l'un de ses pieds.
   
 
Conçue par la maison horlogère Col&MacArthur, cette montre de luxe contient des particules de météorites martiennes dans une petite capsule disposée sur le côté du cadran.
 
 
Perseverance a réalisé un panorama composé de 2,5 milliards de pixels. Le précédent record était un panorama du cratère Gale réalisé par le Curiosity qui contenait 1,8 milliard de pixels.
 
 
Le rover chinois est équipé d'un instrument qui donne une image de la surface de Mars jusqu’à près de 100 mètres de profondeur, grâce à des ondes radios qui rebondissent contre les obstacles.
   
 
Depuis le début des années 1960, plus de quarante sondes spatiales, orbiteurs, atterrisseurs et rovers ont été envoyés vers Mars. Cette exploration y a laissé une grande quantité de débris.
 
 
L'étude de ces anciens lacs, dont l'existence remonte à plusieurs milliards d'années, est importante pour déterminer les conditions climatiques qui ont régné sur Mars au début de son histoire.
 
 
La sonde InSight a entendu sur Mars la chute d’une météorite, une première sur une autre planète que la Terre. Le cratère provoqué par l’impact a été repéré et confirme la découverte.
   
 
La NASA a affirmé lors d'une conférence le 15 septembre avoir franchi une étape majeure dans sa quête de traces de vie sur Mars avec la collecte des échantillons "les plus précieux" jusqu'ici.
 
 
L'ouvrage "En avant Mars !" paru le 15 septembre 2022 a été présenté en avant-première au salon du Livre sur la place de Nancy. Fascinant et très accessible, il est publié par Nicolas Beck.
 
 
Selon une étude parue le 7 septembre 2022, il suffirait peut-être de creuser quelques centimètres sous la surface de Mars pour y détecter, si elles existent, des traces de vie encore préservées.
 
 
Produire de l'oxygène à partir de l'atmosphère martienne : c'est ce que fait Moxie, instrument intégré à Perseverance, depuis l'arrivée du rover sur Mars en février 2021.