Futur vols vers Mars : Une nouvelle étude sur les effets de l'apesanteur

Sylvie Montard - 7 janvier 2022


Le chercheur Gilles Clément étudie les effets de l’apesanteur pour les futurs vols vers la planète Mars.
 
Le chercheur français, Gilles Clément (CNRS), spécialiste de médecine spatiale, travaille aux États-Unis à Houston et désormais aussi avec le laboratoire Comete, à l’université de Caen (Calvados), où il étudie les effets de l’apesanteur sur la fonction d’équilibre des astronautes ayant séjourné dans la Station Spatiale Internationale. De quoi préparer les futurs vols vers la planète Mars. Entretien.
 
Quelles recherches menez-vous aux États-Unis, à Houston (Texas) ?

J’étudie les effets de l’apesanteur sur la fonction d’équilibre. Les capteurs sensoriels que nous utilisons sur Terre pour tenir debout et s’orienter (système vestibulaire de l’oreille interne) sont stimulés par la gravité. Mais en apesanteur, ces capteurs ne perçoivent plus la gravité. Cela entraîne des perturbations de la perception de l’orientation, de la stabilisation du regard ainsi que de l’équilibre et de la marche lorsque les astronautes reviennent sur Terre.
 

Pouvez-vous détailler ces expériences ?

Je regarde tout d’abord comment l’équilibre, la marche, les mouvements des yeux et la perception des distances sont affectés juste après l’atterrissage ou l’amerrissage des astronautes sur Terre. Ces tests sont effectués moins de 2 heures après leur retour de l’ISS. J’observe aussi comment les astronautes se déplacent en apesanteur et comment ils apprennent à se mouvoir en trois dimensions à l’aide de petits accéléromètres qu’ils portent sur la tête et le tronc. On a ainsi pu observer, par exemple, qu’ils se déplacent généralement plus lentement à bord de l’ISS que sur Terre.
J’étudie enfin si leur perception du temps est modifiée au cours du vol spatial. Mon hypothèse est que notre perception du temps est liée à la vitesse de nos déplacements. Avec des déplacements plus lents, la perception du temps devrait être ralentie.

Et à l’université de Caen qu’allez-vous faire pendant trois ans ?

L’université de Caen (Calvados) a obtenu une chaire d’excellence senior intitulée : « Impesanteur, orientation spatiale et perception du temps ». Je vais travailler avec le professeur Pierre Denise et plusieurs étudiants en maîtrise ou doctorat du laboratoire Comete. Nous allons faire les mêmes tests qu’avec les astronautes mais sur des sujets contrôles/témoins et sur des patients qui ont des troubles du système vestibulaire (oreille interne). Nous allons mesurer leur équilibre, leur marche, leur perception des distances et du temps. De quoi confirmer ou non, que les effets observés chez les astronautes sont bien dus à un dysfonctionnement de leur système vestibulaire.


Le chercheur Gilles Clément étudie les effets de l’apesanteur pour les futurs vols vers la planète Mars.

Quel est l’intérêt de venir à Caen ?

Comete dispose des mêmes équipements pour tester le système vestibulaire que ceux utilisés par la NASA : systèmes d’analyse de la marche et de l’équilibre, fauteuils rotatoires, caméra infrarouge de mesure des mouvements des yeux. Le Centre national d’études spatiales (CNES) de Toulouse va également mettre à disposition de Comete le même équipement qu’à bord de l’ISS, (Station spatiale internationale) servant à mesurer la perception du temps chez les astronautes. De plus, Comete a accès aux vols paraboliques en avion permettant de tester des sujets pendant de courtes durées d’apesanteur.
 
Quelle suite auront ces recherches ?

Elles ont des retombées opérationnelles, car une bonne perception du temps est importante pour le pilotage ou la manipulation de bras robotisés en apesanteur. Mais aussi médicales : une mesure de la perception du temps permettrait de tester simplement le bon fonctionnement du système vestibulaire. Et elles serviront aussi à mieux comprendre le fonctionnement de notre cerveau pour nous orienter dans l’espace et le temps.

Ces recherches serviront donc aussi pour les futurs vols vers la planète Mars ?

Oui. Actuellement, les agences spatiales essaient d’évaluer les risques liés aux vols habités vers Mars qui sont programmés à l’horizon 2030 et qui dureront six mois. C’est la même durée du séjour des astronautes à bord de l’ISS. Les mesures des fonctions de pilotage (perception des distances et du temps), de l’orientation (mouvements des yeux), de l’équilibre et de la marche que nous effectuons sur les astronautes immédiatement après leur retour sur Terre reflètent l’état dans lequel ils seront lorsqu’ils arriveront sur Mars.


Source: ouest-france.fr
 
   
 
 
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