Curiosity atteint dans le cratère Gale une région salée très attendue

Sylvie Montard - 20 octobre 2022


Le rover Curiosity a utilisé sa caméra Mastcam le 14 août 2022 pour capturer ce panorama tout en se dirigeant vers le centre de cette zone, qui forme l'étroit passage de "Paraitepuy". Cliquez sur l'image pour admirer la version complète de l'image. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

 
Après avoir voyagé cet été à travers un passage étroit bordé de sable, le rover Curiosity est récemment arrivé dans une zone contenant des sulfates, une région longtemps convoitée du mont Sharp, car elle se serait formée quand le climat de Mars s'asséchait et serait riche en minéraux salés.
 
Les scientifiques émettent l'hypothèse qu'il y a des milliards d'années, les ruisseaux et les lacs ont laissé derrière eux des minéraux lorsque l'eau a disparu progressivement. En supposant que l'hypothèse soit correcte, ces minéraux offrent des indices intéressants sur la façon dont le climat de la planète rouge est passé d'un climat plus semblable à celui de la Terre au désert gelé qu'il est aujourd'hui.


Panorama capturé le 23 août 2022 d'une colline surnommée "Bolívar", avec ses crêtes de sable adjacentes difficiles à franchir. Cliquez sur l'image pour avoir une vue complète. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Ces minéraux sulfatés ont été repérés par la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter quelques années avant l'atterrissage de Curiosity en 2012. Les scientifiques ont donc attendu longtemps pour avoir la chance d'examiner en détail ce terrain. Peu de temps après son arrivée, le rover a découvert un large éventail de types de roches et de signes d'eau passée, parmi lesquels des nodules évoquant la forme de pop-corn, et des minéraux salés tels que le sulfate de magnésium (comme le sel d'Epsom), le sulfate de calcium (y compris le gypse) et le chlorure de sodium (le sel de table ordinaire).
 
Ils ont sélectionné une roche surnommée "Canaima" lors du 36ème échantillon de forage de la mission, et le choix n'a pas été une tâche facile. En plus des considérations scientifiques, l'équipe a dû prendre en compte le matériel du rover. Curiosity utilise une perceuse rotative à percussion, une sorte de marteau-piqueur situé à l'extrémité de son bras de 2 mètres pour pulvériser les échantillons de roche à analyser. Des freins usés sur le bras ont récemment amené l'équipe à conclure que certaines roches plus dures nécessitent trop de martelage pour forer en toute sécurité.


36ème forage réussi sur le mont Sharp, sur un rocher appelé "Canaima". L'échantillon de roche pulvérisée a été acquis le 3 octobre 2022. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

« Comme avant chaque forage, nous avons balayé la poussière, puis pénétré la surface supérieure de "Canaima" avec le foret. L'absence de rayures ou d'indentations montrait que la roche était difficile à percer », a déclaré la nouvelle chef de projet de Curiosity, Kathya Zamora-Garcia du Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie du Sud.
 
« Nous avons fait une pause pour déterminer si cela posait un risque pour notre bras. Avec le nouvel algorithme de forage, créé pour minimiser l'utilisation de la percussion, nous nous sommes sentis à l'aise pour collecter un échantillon de "Canaima". Il s'est avéré qu'aucune percussion n'était nécessaire. Les scientifiques de la mission ont hâte d'analyser cet échantillon avec l'instrument de chimie et de minéralogie (CheMin) et l'instrument d'analyse d'échantillons sur Mars ( SAM ) ».


Cette grille montre les 36 trous forés par le rover Curiosity à l'aide de la perceuse à l'extrémité de son bras robotique. Les images de la grille ont été capturées par le Mars Hand Lens Imager (MAHLI) à l'extrémité du bras de Curiosity. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Le voyage vers la région riche en sulfates a conduit Curiosity à travers un terrain dangereux, y compris en août dernier dans le col sablonneux de "Paraitepuy", qui serpente entre de hautes collines. Il a fallu plus d'un mois au rover pour naviguer en toute sécurité afin d'atteindre enfin sa destination.
 
Alors que les rochers tranchants peuvent endommager les roues de Curiosity, le sable peut être tout aussi dangereux, provoquant potentiellement le blocage du rover si les roues perdent leur traction. Les conducteurs du rover doivent naviguer avec précaution dans ces zones. Les collines bloquaient la vue du ciel de Curiosity, obligeant le rover à être soigneusement orienté en fonction de l'endroit où il pouvait pointer ses antennes vers la Terre et de la durée pendant laquelle il pouvait communiquer avec les orbiteurs passant au-dessus.


Cette scène a été capturée par Curiosity le 9 septembre 2015, lorsque le rover était à plusieurs kilomètres de son emplacement actuel. Le cercle indique l'emplacement d'un rocher que le rover a récemment atteint. À gauche de celui-ci se trouve le col de "Paraitepuy", que Curiosity traverse maintenant. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Après avoir bravé ces risques, l'équipe a été récompensée par certains paysages parmi les plus fascinants de la mission, que le rover a immortalisé avec un panorama capturé le 14 août dernier à l'aide de sa caméra Mastcam. « Nous recevions de nouvelles images impressionnantes tous les matins », a déclaré Elena Amador-French du JPL, coordinatrice des opérations scientifiques de Curiosity entre les équipes scientifiques et l'ingénierie. « Les crêtes de sable sont splendides. On peut apercevoir les traces de roues du rover, et les falaises magnifiques ».
 
Mais cette nouvelle région comporte ses propres défis : Bien que scientifiquement convaincant, le terrain beaucoup plus rocheux compliquent les déplacements de Curiosity qui peine à trouver un sol stable. Si le rover perd en stabilité, les ingénieurs ne prendront pas le risque de détacher le bras, au cas où il heurterait les rochers.


Source: jpl.nasa.gov
 
   
 
 
 
Une occultation de Mars par notre Lune va se produire dans la nuit du 7 au 8 décembre prochain. Ce spectacle astronomique est rarement visible en France.
 
 
L'analyse d'images des profondeurs de Valles Marineris, le grand canyon martien, incite la science à y rechercher des indices d'activité biologique ancienne sur Mars.
 
 
Une animation présente les moments clés de la campagne Mars Sample Return, depuis l'atterrissage sur Mars et la sécurisation des tubes d'échantillons jusqu'à leur lancement vers la Terre.
   
 
La sonde Mars Express de l'ESA a révélé que Mars produit des modèles de nuages étonnamment semblables à ceux de la Terre, évoquant ceux des régions tropicales de notre planète.
 
 
L'ingénieur en chef Bob Balaram est le principal concepteur de l'hélicoptère Ingenuity qui évolue sur Mars depuis avril 2021. Il vient de dévoiler le design des futurs drones martiens.
 
 
Un survol récent de Phobos, la plus grande lune martienne, a permis de tester l'une des dernières améliorations de l'instrument MARSIS sur la sonde européenne Mars Express.
   
 
Pour la première fois depuis sa mise en orbite autour de Mars il y a 8 ans, la sonde MAVEN a été témoin de deux types d'aurores ultraviolettes simultanées, causées par des tempêtes solaires.
 
 
Sans tectonique des plaques, l’histoire de la croûte de Mars semblait simple à comprendre. Une nouvelle étude suggère cependant que sa formation pourrait être plus complexe que prévu.
 
 
La NASA continue de rechercher sur Mars des traces organiques ou minérales dont l'origine ne peut s'expliquer autrement que par la présence de structures ou d'activités biologiques.
   
 
Capturée le 1er novembre 2022 par le rover Perseverance, cette photo laisse entrevoir une forme rocheuse qui évoque celle d'une pyramide. Serait-ce la preuve d'une intelligence extraterrestre ?
 
 
Perseverance sillonne le cratère Jezero en carottant des échantillons de roche, qui seront stockés en surface puis rapportés sur Terre en 2033. La NASA a sélectionné le site de récupération.
 
 
Des chercheurs américains ont dévoilé une nouvelle preuve de la présence d'un ancien océan sur Mars, qui se serait formé il y a 3,5 milliards d'années, durant la période du Noachien/Hespérien.
   
 
La Russie devait fournir la fusée et la plate-forme d’atterrissage du programme ExoMars. Moscou étant désormais hors course, l’ESA cherche un moyen de poser son rover Rosalind Franklin.
 
 
La NASA a dévoilé un film sur son rover Opportunity, qui aura foulé le sol de Mars pendant 15 ans. Le film documentaire arrivera sur Amazon Prime Video le 23 novembre 2022.
 
 
Et si le meilleur moyen d'atterrir sur Mars était de s'écraser au sol ? Ce prototype d'atterrisseur utilise une base pliable en forme d'accordéon qui absorbe l'énergie d'un choc violent.