Colonisation de Mars, le débat est ouvert !


 
Pierre Brisson (à droite sur la photo), président de la Mars Society Switzerland, et membre du comité directeur de l'Association Planète Mars en France, est un planétologue passionné, qui soutient depuis longtemps l'idée de coloniser la planète rouge à des fins scientifiques. Guider des rovers avec un temps de latence de plusieurs minutes ne suffira plus pour obtenir des résultats scientifiques concrets. Selon Pierre Brisson, seul la présence humaine sur Mars permettra de mieux comprendre son passé et sa géologie, et de résoudre ses grands mystères.
Récemment, Sylvia Ekström (à gauche sur la photo), astrophysicienne de l’Université de Genève a publié aux Editions Favre, avec son mari, Javier Nombela, graphiste, un livre intitulé Nous ne vivrons pas sur Mars ni ailleurs. Pour Pierre Brisson, cet ouvrage est un véritable réquisitoire mal argumenté. Il affirme que Sylvia Ekström part d’un a priori négatif sur l’installation de l’homme sur Mars, d’une méconnaissance des problèmes réels qui se posent, et aussi d’une incompréhension des motivations qui animent les partisans de la colonisation de Mars. Se sentant personnellement offensé, il a décidé de répondre afin de soumettre son point de vue sur différents thèmes évoqués par Sylvia Ekström, et consultable ci-dessous.
Participez vous aussi au débat, en donnant votre avis en bas de cette page.
 

La gravité sur Mars

« La microgravité est présentée comme un obstacle rédhibitoire au voyage. Nous avons tout à fait conscience du problème. Pour y répondre il faut bien distinguer les tout premiers voyages où il n’y aura personne à l’accueil sur Mars et les voyages ultérieurs. Pour les premiers, les astronautes devront faire un effort particulier pour se maintenir en forme, et on peut envisager la création à bord des vaisseaux, d’une gravité artificielle par force centrifuge. Le concept théorisé par Robert Zubrin, est de relier le nez d’un couple de vaisseaux-spatiaux par des filins (supposons le Starship d’Elon Musk) et de mettre le couple en rotation. En dehors de la gravité terrestre et de l’atmosphère, le mouvement se conserve une fois l’impulsion donnée sans qu’il soit nécessaire de fournir continument de l’énergie. Il suffirait d’un jeu de filins de quelques 170 mètres de longueur pour recréer dans les compartiments habitables des vaisseaux une gravité tout à fait suffisante, (de type martien pour 2 rotations du couple par minute) ».
« Pour les voyages suivants, étant donné qu’il y aura des personnes à l’arrivée, les passagers pourront supporter une période de quelques jours de « réacclimatation » à la gravité (dans l’hypothèse où la génération de gravité par force centrifuge s’avérerait trop compliqué à mettre en place). Sur Mars on n’aura certes qu’une gravité de 0,38g et il faudra l’expérimenter pour savoir si elle est supportable sur le long terme (c’est-à-dire suffisante pour le bon fonctionnement des organes à l’intérieur du corps) mais on peut déjà dire qu’avec 0,38g la verticalité (sens du haut et du bas, écoulement) qui manque en microgravité, serait restituée. On peut ajouter qu’on aura pour sortir sur la planète un équipement d’une masse de quelques dizaines de kg qu’il vaudra mieux pouvoir porter. A l’intérieur des habitats, on pourra circuler avec des semelles lourdes (de plomb) et éventuellement avec une veste-antiradiations (type astrorad) ».


 

L’atmosphère martienne

« L’atmosphère ténue est le second facteur présenté comme rédhibitoire. C’est effectivement un problème puisque cela impose le port d’un scaphandre mais 610 pascals (en moyenne) ce n’est pas rien. C’est beaucoup plus que sur la Lune sans atmosphère aucune. Cela permet quand même de consumer les plus petites et les plus nombreuses des micrométéorites. Cela permet aussi d’avoir une ressource abondante d’éléments chimiques utiles pour la vie (carbone et oxygène puisque l’atmosphère est composée à 95% de gaz carbonique). Cela permet encore de faire voler certains engins ultra-légers. L’expérience de l’hélicoptère va être tentée par la prochaine mission de la NASA (Perseverance) mais on peut aussi envisager des ballons dirigeables pour transporter de petites masses, comme des instruments d’observation ».




Les radiations

« Elles sont le troisième obstacle mentionné par Madame Ekström. Leur niveau constitue effectivement un problème mais sur la moitié de la planète (aux altitudes les plus basses telles que dans les Basse terres du Nord, le Bassin d’Hellas, le fond des grands cratères) ce niveau des radiations est atténué par la pression légèrement plus élevée de l’atmosphère (1100 pascals au fond du bassin d’Héllas). Partout, il l’est par le sol de la planète qui fait écran à une bonne partie de ce qu’on pourrait recevoir dans l’espace profond à la même distance du Soleil. Le résultat c’est que sur Mars, dans le fond du Cratère Gale (où elles ont été mesurées par l’instrument RAD du rover Curiosity), on ne reçoit que la moitié de ce qu’on reçoit dans l’espace profond et la même dose que l’on reçoit dans la Station Spatiale Internationale (ISS). Par ailleurs, une fois sur Mars, on n’aura pas besoin de passer des heures à l’extérieur des habitats ou des véhicules protégés. La plupart des hommes dans l'ISS passe-t-il plus de deux heures chaque jour à l’extérieur ?  Ce qui est important c’est que les hommes sur Mars pourront commander, en direct, partout en surface de la planète, des robots qui agiront pour eux. Le gros problème pour les scientifiques aujourd’hui c’est qu’il y a un décalage de temps entre les ordres que l’on donne aux robots et la prise de connaissance que l’on a de leur action. Les deux planètes sont séparées de 55 millions à 400 millions de km et cela représente un décalage incompressible de 3 à 22 minutes pour que la lumière transporte les messages, dans chaque sens. Les robots ne peuvent donc pas être commandés en direct depuis la Terre, ils doivent être programmés. Rien que pour cette raison le séjour de l’homme sur Mars serait justifié (et celui sur la Lune ne l’est pas sauf pour de brèves incursions) ».


L’isolement

« Le confinement est le quatrième obstacle mentionné par Madame Ekström. Cela n’est pas sérieux ! Les premiers explorateurs seront effectivement isolés mais ce seront des explorateurs, c’est-à-dire des gens tout à fait particuliers par rapport à la population générale. A-t-on évoqué ce problème vis-à-vis d’Ernest Shackleton avant qu’il parte explorer l’Antarctique ? Pour la suite il y aura probablement de moins en moins d’appréhension pour les partants, l’inconnu devenant de plus en plus connu et le nombre de personnes présentes sur Mars augmentant. Les gens qui séjournent aujourd’hui dans la Station Concordia au cœur de l’Antarctique ne sont pas particulièrement malheureux. Quant au confinement, le questionnement de Madame Ekström serait presque risible. Certes pendant le voyage de 6 mois je veux bien que les conditions soient un peu difficiles de ce point de vue mais d’autres astronautes ont déjà traversé des périodes aussi longues dans la Station Spatiale Internationale sans que cela leur soit insupportable. Par contre, une fois sur Mars, étant donné l’immensité de la planète, précisément vide d’habitants, comment parler de « confinement » alors qu’ils auront la possibilité de sortir de l’habitat ? Madame Ekström se sent-elle confinée quand elle se trouve dans son appartement en Suisse plutôt que dans la rue ? Pour renforcer le côté « noir » de son tableau, Madame Ekström évoque en plus le fait que les habitats n’auraient pas de fenêtre. Quelle drôle d’idée ! Même dans la Station Spatiale Internationale il y a une pièce avec hublot (la « coupole »). Pourquoi n’y en aurait-il pas sur Mars, en plusieurs exemplaires, alors qu’on pourra y produire du verre (de l’épaisseur qu’on voudra) à partir de la silice locale (abondante) et qu’on pourra en agrémenter soit les habitats creusés dans les pentes, soit ceux qu’on aura construits avec le fer (donc l’acier) qu’on pourra exploiter sur place. Supposer que l’on va vivre dans des bidons pressurisés sans fenêtre est une insulte aux personnes qualifiées qui ont déjà fait un travail important sur les habitats martiens ».


L'alimentation

« La mauvaise qualité organoleptique de la nourriture à laquelle on serait obligé de recourir est le cinquième obstacle mentionné par Madame Ekström. Elle n’aime apparemment pas le « lyophilisé ». Est-ce si grave ? la nourriture lyophilisée ou congelée (que l’on pourra aussi stocker pendant la durée de 30 mois de la mission) est excellente, aussi bien au goût que, me semble-t-il, pour la santé. Par ailleurs dès les premières expéditions on tentera de cultiver des produits frais sous serre (et on en disposera en petites quantités) car il est évidemment inutile d’emporter sa nourriture avec soi depuis la Terre (ce qui représente de la masse et du volume) si on peut la produire sur place. Le rythme circadien de Mars (jours de 24h39) et l’irradiance solaire à cette distance du Soleil le permettra même s’il faudra sans doute fournir un surplus ou un « back-up » d’énergie (très certainement nucléaire) pour la saison froide australe (où l’irradiance est la plus faible) et pour pallier l’insuffisance d’énergie « naturelle » pendant les tempêtes de poussière. Quant à l’eau, Madame Ekström ne le sait peut-être pas (?) mais il y a de l’eau sur Mars, beaucoup en certains endroits (même si évidemment il y en a moins que sur Terre), celle des banquises aux latitudes moyennes et même basses, formées lors des périodes de glaciation récentes. Donc avec de l’eau, du Soleil, des graines, des fertilisants (qu’il faudra bien sûr importer à moins de les fabriquer sur place…ce qui viendra car il y a les éléments chimiques nécessaires notamment de l’azote), on pourra très bien cultiver des produits frais sur Mars dans des bacs et par hydroponie (pour ne pas gâcher l’eau, les produits fertilisants et éviter la poussière de sels de perchlorates couvrant le sol) ».


Le carburant

« Le risque de manquer d’ergols pour revenir sur Terre est le sixième obstacle rédhibitoire mentionné par Madame Ekström. Elle n’a sans doute jamais entendu parler de la proposition de Robert Zubrin, fondateur de la Mars Society aux Etats-Unis (et chimiste de formation) même si elle est très connue là-bas, y compris à la NASA qui l’envisage très sérieusement. Il s’agit tout simplement d’exploiter le gaz carbonique de l’atmosphère pour produire du méthane et de l’oxygène par réaction de Sabatier moyennant l’apport d’une partie d’hydrogène pour 18 de CO2 (que l’on peut obtenir facilement par hydrolyse de la glace d’eau martienne). La réaction de Sabatier est connue depuis la fin du 19ème siècle et l’utiliser ne présente aucune difficulté particulière moyennant un apport d’énergie que l’on peut obtenir d’un petit réacteur nucléaire (même d’un RTG, générateur thermoélectrique à radioisotope, instrument à faible puissance mais qui est très robuste). Le méthane brule très bien dans l’oxygène et les deux forment un couple carburant / comburant tout à fait exploitable par nos fusées. Pour la première mission habitée, l’idée de Robert Zubrin, reprise d’ailleurs par la NASA, est de produire ces ergols par une mission robotique lors de la fenêtre de lancement précédente et de ne faire partir cette première mission habitée qu’après avoir constaté que les ergols ont été effectivement correctement produit et stockés. Pour la suite ce sera plus facile ».


« Madame Ekström ajoute à son argumentation qu’Elon Musk veut promouvoir l’installation de l’homme sur Mars, simplement à des fins d’enrichissement personnel. C’est absolument méconnaître Elon Musk et je le connais suffisamment pour pouvoir affirmer que c’est totalement faux. Elon Musk est habité par la volonté d’installer une branche de l’humanité sur Mars. C’est cela qui le motive, l’argent qu’il gagne dans ses différentes entreprises est totalement au service de cette ambition. On peut lui reprocher certaines choses, comme le lancement des constellations « Starlink » dans l’espace terrestre proche (qui pour moi induit une pollution inacceptable de ce milieu), mais pas la passion de l’argent pour l’argent. Il n’est pas nécessaire de joindre l’insulte à l’incompréhension.
Pour terminer, Madame Ekström constate que l’homme est le produit de son environnement terrestre et qu’il n’est pas envisageable qu’il vive ailleurs que sur Terre. Si elle avait vécu il y a quelques 50000 ans dans une tribu d’homo-sapiens en Afrique et que l’écriture ait été inventée, aurait-elle déclaré que l’homme ne pourrait jamais vivre en dehors de sa savane natale ? C’était vrai à une certaine époque et puis l’évolution technologique a fait que cette limitation a évolué. Aujourd’hui nous pouvons vivre partout sur Terre, même en Antarctique, et notre technologie nous permet d’envisager de vivre sur Mars. Pourquoi ne pas essayer ?
En conclusion j’ai lu que Madame Ekström est une spécialiste des étoiles-primordiales, un sujet passionnant qui m’intéresse également beaucoup. Ce n’est pas pour autant qu’elle est une spécialiste de Mars et encore moins de l’ingénieurie qui permettrait de s’y installer. Maitrîser la compréhension du fonctionnement des étoiles n’implique pas la maitrise de l’installation de l’homme sur Mars. Il me semble que Madame Ekström a moins de légitimité que moi pour en parler de de façon pertinente. Je travaille sur le sujet depuis 1995 et Madame Ekström depuis beaucoup moins longtemps (elle n’a obtenu son doctorat sur les étoiles-primordiales qu’en 2004 et s’est spécialisée ensuite sur les étoiles-massives). J’accepte volontiers que l’on ne partage pas affectivement (c’est-à-dire en dehors de toute considération rationnelle ou scientifique) notre projet et que l’on exprime des critiques si elles sont constructives. Ce que je reproche à ces personnes c’est une opposition a priori et, à mon avis, de mauvaise foi
».

 

 
 
   

(heure de Paris)
Lever de Mars: 10h19
Coucher de Mars: 1h51
Distance Terre-Mars
213,0 millions de km
 
   
 
Si le premier enregistrement audio jamais réalisé à la surface de Mars est à peine audible, les prochains sons enregistrés par le microphone situé sur le mât du rover seront plus intéressants.
 
 
Quatre jours après son arrivée sur le sol de Mars, dans le cratère Jezero, le rover Perseverance a capturé à 360° le décor qu'il s'apprête à explorer.
 
 
Pendant la diffusion de sa conférence de presse, la NASA a publié sur Youtube la vidéo de l'atterrissage de son rover Perseverance, qui s'est posé sur Mars le 18 février 2021.
   
 
La caméra HiRISE de la sonde MRO a capturé la formation d'un immense tourbillon de poussière, qui projette son ombre sur le sol martien. Ses vents peuvent dépasser 100 km/h.
 
 
Cette carte est composée d'une couche en niveaux de gris, créée avec des images de la sonde MRO, et d'une couche en couleurs réelles, provenant de la caméra stéréo HD de la sonde Mars Express.
 
 
Les ingénieurs de la NASA ont reçu le premier rapport de situation de l'hélicoptère Ingenuity, qui a atterri le 18 février 2021 dans le cratère Jezero, attaché sous le rover Perseverance.
   
 
Les dernières données du robot à six roues depuis son atterrissage hier incluent notamment une série d'images capturées lorsque le «jet pack» du rover l'a abaissé au sol.
 
 
La NASA va diffuser dans les jours à venir des images en couleur et surtout, chose inédite, des vidéos enregistrées pendant la descente du rover Perseverance.
 
 
Le rover Perseverance est parvenu à atterrir dans le cratère Jezero. Tout s'est déroulé comme prévu. La première image transmise par le rover montre le sol martien, ainsi que l'ombre du robot.
 
 
La NASA a dévoilé le probable trajet que le rover Perseverance devra parcourir dans le cratère Jezero, traversant plusieurs environnements anciens qui auraient pu être autrefois habitables.
 
 
Dans quelques heures, Perseverance entamera sa descente dans l'atmosphère de Mars. Suivez l'évènement en direct et tentez de gagner un tee-shirt à l'effigie du rover.
 
 
La sonde InSight fonctionne grâce à la lumière du soleil. Elle est donc dépendante de l'état de ses panneaux solaires, qui se sont couverts de poussière, limitant la production d'énergie.
 
 
L'excellente vidéo de la chaîne Techniques Spatiales décrit dans les moindres détails les étapes qui précèdent les " 7 minutes de terreur " de l'atterrissage du rover.
 
 
La sonde robotique chinoise Tianwen-1 est entrée en orbite martienne le 10 février après un long voyage interplanétaire, devenant le premier vaisseau spatial chinois à atteindre Mars.
 
 
Du chlorure d’hydrogène a été découvert par l’orbiteur ExoMars dans l’atmosphère de Mars. Plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer cette réaction chimique.
 
 
Le bouclier thermique protégeant la capsule qui ramènera des échantillons de roche martienne sur Terre vient de La-Croix-Aux-Mines, un village de 500 habitants dans les Vosges.
 
 
C'est le premier pays arabe à atteindre la planète rouge. "Hope" a réalisé une manœuvre consistant à passer de 121000 km/h à environ 18000 km/h pour être tirée par la gravité de Mars.
 
 
L’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a annoncé une liste de dix noms pour son rover martien, qui font référence à des figures mythologiques, ou à des animaux légendaires.