Des chercheurs ont localisé des tunnels de lave sur Mars pour s'y abriter

Mars n’est pas aussi accueillante que la Terre. Il y fait très froid, très sec, et l’atmosphère est en majorité composée de dioxyde de carbone (96 %). La planète rouge, dépouillée de son champ magnétique il y a plusieurs milliards d’années, est également baignée de rayonnement solaire et autres rayons cosmiques susceptibles de “casser” notre ADN, entraînant alors la formation de cancers et de malformations génétiques. Parmi tous les défis qui nous attendent, en vue d’une future exploration, ce dernier point sera sans doute le plus difficile à résoudre.
Dans cet esprit, la NASA, l’ESA et d’autres agences spatiales explorent depuis de nombreuses années la possibilité de s’établir à l’intérieur de gigantesques tubes de lave sur la Lune. Ces structures se forment par des coulées volcaniques refroidies en surface, constituant alors une croûte solide, mais dont le coeur est resté fluide, permettant ainsi à la lave de continuer à s’écouler. Une fois que la lave disparaît, une cavité en forme de galerie apparaît alors. Leurs toits épais permettraient une protection naturelle contre le rayonnement cosmique, les impacts de météorites et les fluctuations de températures. Ces canaux souterrains, une fois scellés, pourraient également être pressurisés pour créer un environnement respirable.

Ces tunnels pourraient également se retrouver sur Mars. Mais où ? Des indices laissent à penser que certaines de ces structures pourraient se cacher au nord-est de Hellas Planitia, un bassin d’impact d’environ 2200 km de diamètre et 9500 m de profondeur situé dans l’hémisphère sud de la planète. Hellas Planitia possède une autre particularité intéressante : une montagne présente dans le coin nord-est de la zone, nommée Hadriacus Mons (image ci-dessus). D’après les études menées, cette montagne se serait en réalité formée suite à l’éruption d’un volcan… et elle abriterait donc un certain nombre de tunnels de lave. D’ailleurs, pour une fois, le conditionnel n’est pas de mise. Ces tunnels ne sont en effet pas hypothétique et l’étude des images prises par les sondes placées dans l’orbite martienne a confirmé leur existence.
La solution Hellas Planitia offre à elle seule de nombreux avantages. Plusieurs sondes ont en effet montré que les environnements de rayonnement les plus exposés sur Mars se trouvent aux pôles. Or, ce bassin se situe près de l’équateur. De plus, de tous les environnements martiens, ce cratère d’impact est l’un des plus profonds. Cela signifie que l’atmosphère qui le baigne est plus épaisse. Les rayons cosmiques sont ainsi davantage filtrés. Selon les chercheurs, les explorateurs évoluant dans le bassin pourraient en effet s’attendre à absorber environ 342 microsieverts par jour (une unité d’exposition aux radiations), contre 547 μSv / jour à des altitudes plus élevées. C’est un début, mais ces doses restent encore 25% plus élevées que ce que les astronautes à bord de l’ISS absorbent chaque jour. Et dans la station, les séjours ne durent pas plus de quelques mois, tandis que les explorateurs martiens pourraient passer des années sur la planète rouge. C’est alors que l’option “tunnel de lave” entre en jeu.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont visité des structures similaires retrouvées dans le sud-ouest américain pour tester le degré de protection de ces tubes de lave contre les radiations. Comparant les mesures de rayonnement à l’intérieur et à l’extérieur du tube Mojave Aiken (Californie, en image ci-dessous), de la Lava River Cave (Arizona), et du Big Skyligh (Nouveau-Mexique), ils ont enregistré un effet protecteur significatif. En extrapolant leurs résultats pour les faire correspondre à l’environnement martien, ils ont calculé qu’en évoluant dans l’un des tubes de lave du bassin d’impact, les explorateurs pourraient n’absorber qu’environ 61 μSv / jour de radiations. Ces travaux ne sont bien évidemment que préliminaires. Si l’option des tunnels de lave est effectivement intéressante, d’autres recherches seront nécessaires pour nous assurer de leur présence. Il sera alors possible d'évaluer leur véritable potentiel.


Source : sciencepost.fr
 
   
 
 



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