Bilan des premiers résultats de la mission Insight

Après 200 jours sur le sol martien, l'atterrisseur InSight dévoile ses premières analyses inédites au sujet du champ magnétique, des variations de température à la surface, de l'atmosphère et des ondes sismiques de la planète rouge, à l'occasion de la conférence à la Sorbonne (Paris) le 18 juin 2019. Dès la semaine du 24 juin 2019, les équipes de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) ont déposé en ligne et en libre accès sur le site www.seis-insight.eu les données sismologiques et météorologiques récoltées entre janvier et mars 2019.
"Grâce à quatre antennes disposées dans le monde (Californie, Espagne, Australie et Irlande) qui réceptionnent les signaux radios envoyés depuis Mars, nous arrivons à savoir où est InSight avec une précision de 10 cm", explique William Bruce Banerdt. Cette incroyable précision leur permet de suivre minutieusement le mouvement du pôle nord, donc par extension celui de la planète. "Avec seulement la mesure de la vitesse de la rotation du pôle, nous arriverons à déduire la composition du noyau car le mouvement d’une planète est déterminé par sa structure interne. En revanche, nous n’obtiendrons pas la réponse de sitôt. L'expérience nécessite entre une et deux années de mesures", ajoute le scientifique.
Jusqu’à présent, le champ magnétique de Mars était mesuré à l’aide de satellites en orbite. Désormais avec InSight, il est possible de le mesurer à la surface martienne. "On a constaté que le champ magnétique était 10 fois plus intense à la surface que lorsqu’on l’avait mesuré en altitude", précise William Bruce Banerdt. Les scientifiques espèrent que cette étude permettra de comprendre comment le champ magnétique est généré dans le noyau et en particulier dans la croûte de Mars. Par conséquent, la variation de ce champ fournira des indications cruciales sur à la fois la composition et la température de la croûte martienne, ainsi que du noyau, par l’intermédiaire notamment de la conductivité électrique.
Pour étudier un séisme, SEIS est sensé récupérer le signal des ondes qui sont émis et qui déforment la surface. En mesurant la vitesse de propagation de ces ondes, l’équipe peut alors connaître la vitesse de ces ondes et à quelle distance le séisme s’est déclaré. De plus, il est possible de déduire la nature de la fracture en analysant de quelle façon le signal est absorbé par la planète. Malheureusement, l’activité sismique de Mars est décrite comme "plutôt calme" (pas de séismes entre février et mars).
Cependant, le premier tremblement à être enregistré fut le 23 avril 2019. Il a été conclu qu’un séisme sur Mars dure une dizaine de minutes (sur la Lune une heure et sur la Terre 5 minutes). Le plus intense a été détecté le 5 mai 2019, de magnitude 3. Il a permis aux ondes de compressions de se diffuser profondément dans le manteau, au-delà de la croûte. Les chercheurs sont en train de comparer la quinzaine de séismes enregistrés pour comprendre comment la propagation change en allant en profondeur. "Nous espérons en détecter des plus intenses afin que les ondes puissent ricocher sur le noyau (au moins de magnitude 4)", confie M. Lognonné.
Ces derniers mois, le module InSight a également rapporté qu’il existait d’importantes variations de pression sur Mars car "comme on arrive sur le printemps, la glace de CO2 à la surface sublime jusqu’à disparaître complètement pour devenir du gaz. La pression augmente alors mécaniquement", justifie le chercheur au laboratoire de météorologie dynamique (LMD, Sorbonne Université). D’autre part, la localisation d’InSight présente une statistique avantageuse et inédite en termes de fréquence de passage de "dust evils" (une dizaine par jour) par rapport aux autres sites d’exploration martiens. "La grande énigme c’est que nous ne savons pas ce qui maintient la poussière qui est en suspension dans l’atmosphère de Mars", révèle M. Spiga.
 


Source : sciencesetavenir.fr
 
   
 



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