L'astrophysicien Francis Rocard rêve d'un retour d'échantillon martien

Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du système solaire au CNES a participé le 7 février 2019 à la journée de l’innovation organisée par l’agence spatiale française à Toulouse. Il y a évoqué les enjeux des missions spatiales.
Quels sont les enjeux scientifiques de l'exploration du système solaire?
Nous nous intéressons à la formation et à l'évolution du système solaire en étudiant tous les objets qui le composent. Certains d'entre eux, comme la planète Mars, les lunes Europe (Jupiter) et Titan (Saturne) suscitent plus d'intérêt depuis une vingtaine d'années pour les questions d'apparition de la vie.
De quels moyens dispose-t-on pour répondre à ces questions?
Le mode opératoire aujourd'hui est universel et se déroule en plusieurs étapes. D'abord, on survole les objets comme l'ont fait les sondes Voyager (actuellement à plus de 18 milliards de kilomètres après 40 ans de voyage). La deuxième étape consiste à se mettre en orbite pour une analyse globale de l'objet (Cassini autour de Saturne, Viking autour de Mars). Ensuite, nous avons besoin d'aller sur le terrain, pour obtenir des informations de la surface ou de récupérer des atomes et des molécules dans l'atmosphère. Enfin, il y a les missions aller-retour pour ramener des échantillons. On en a de la Lune (missions Apollo), de la comète Wild 2 (mission Stardust), on a des échantillons de vents solaires (mission Genesis) et on attend le retour des échantillons de l'astéroïde Ryugu (mission Hayabusa). Mais cela fait 30 ans que les scientifiques attendent un échantillon martien.
Pourquoi est-ce si compliqué?
Ce sont des missions chères et compliquées. Il faut compter 10 milliards d'euros pour une mission de retour d'échantillon martien avec trois tirs de fusées: la première amène un véhicule qui collecte des échantillons sur le sol martien. La deuxième fusée envoie un véhicule pour récupérer les échantillons et les mettre en orbite autour de Mars. Et la troisième fusée envoie un orbiteur pour récupérer les échantillons et les envoyer sur Terre. Si un maillon de la chaîne échoue, toute la mission échoue. Mais cette aventure a déjà commencé, la mission Mars 2020 de la NASA sera cette première étape.
Cela signifie-t-il que les missions habitées ne sont pas un enjeu?
Le timing n'est pas le même, et envoyer des hommes sur Mars est un enjeu politique, pas scientifique. La question de la mission habitée vers Mars se règle au niveau du président et du congrès américain. L'Europe a vocation à participer. Apollo, c'étaient des missions d'une semaine. Pour Mars, il faut compter 900 jours.
Quel intérêt y-a-t-il à aller sur la Lune?
Parce qu'il faut développer des véhicules nouveaux, propres à l'espace lointain. Aller à 400000 km (la Lune), ce n'est pas aller à 400 km (Station spatiale internationale) et c'est encore différent d'aller à 400 millions de km (Mars). Il faut apprendre à opérer une station spatiale en orbite lunaire et apprendre à vivre loin de la Terre. La Lune présente un regain d'intérêt: pour les Etats-Unis qui veulent préparer des missions habitées vers Mars, et pour les nations émergentes comme la Chine qui ont besoin d'un vrai terrain de jeu pour explorer l'espace lointain. Et puis les pôles de la Lune intéressent tout le monde: pour vérifier l'hypothèse du grand bombardement tardif, et pour leurs ressources en eau, car 1 litre d'eau envoyé sur la Lune coûte 12000 dollars.
Quel est votre rêve en tant qu'astrophysicien?
Mon rêve, c'est un retour d'échantillon martien. Il faut arriver à une conclusion sur la question de la vie sur Mars, et ça ne peut se faire qu'avec des analyses en laboratoire, sur Terre. Ce ne sera pas avant 2029 ou 2031, mais dans le spatial, nous sommes très patients, il se passe toujours quelque chose!

Source : ladepeche.fr
 
   
 
 
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