D'anciennes traces de vie serait plus facile à détecter sur Mars que sur Terre

Le prochain robot à six roues de la NASA (photo ci-dessus) doit atterrir sur la planète rouge en 2021 dans le but spécifique d’essayer d’identifier des preuves de la biologie passée. Il sera à la recherche d’indices dans des roches vieilles d’environ 3,9 milliards d’années.
Confirmer la vie sur Terre à cet âge est déjà assez difficile, mais Mars pourrait avoir une meilleure préservation, selon certains chercheurs. Cela découle des processus dynamiques dans notre monde natal qui remuent et recyclent en permanence les roches. Ces processus qui peuvent effacer les traces de la vie sur Terre, se sont arrêtés sur la planète rouge au début de son histoire. «Nous ne croyons pas, par exemple, que la tectonique des plaques sur Mars ressemble à celle de la Terre depuis la majeure partie de son histoire», a déclaré Ken Williford du laboratoire de propulsion par réaction (JPL) de la NASA en Californie.
«La plupart des roches de la Terre ont été détruites par subduction sous la croûte de l’océan. Mais même la roche laissée à la surface est chauffée et comprimée d’une manière qui n’aurait peut-être pas été sur Mars. Donc, paradoxalement, il se peut que les roches plus anciennes sur Mars soient mieux préservées que des roches beaucoup plus jeunes sur Terre », ajoute Ken Williford.
Et pas seulement cela. Pour Joseph Michalski, professeur associé au Département des sciences de la Terre de l’Université de Hong Kong, il est même possible que la vie martienne n’ait jamais eu l’impulsion évolutionnaire d’habiter la surface de la planète voisine. En d’autres termes, il est fort possible que la seule vie que Mars ait connue au cours de son histoire ait toujours été souterraine. Selon le chercheur, notre insistance à chercher la vie à la surface de Mars n’est peut-être qu’un préjugé, motivé par ce que nous savons de la vie sur notre planète.
Il y a des milliards d’années, lorsque les mondes du système solaire étaient encore très jeunes, la surface de Mars était probablement très semblable à celle de la Terre. Mais cela a changé le moment où Mars a perdu son champ magnétique, un événement qui l’a laissée totalement exposée au bombardement du rayonnement solaire et cosmique si intense que la survie à la surface elle-même serait devenue un énorme défi.
Cependant, selon Michalski, il est fort possible que la vie sur Mars était déjà en gestation bien avant cela. Les preuves sur notre propre planète indiquent que la vie est apparue sur Terre il y a entre 3,8 et 3,9 milliards d’années, dans des environnements très semblables aux sources hydrothermales actuelles. Et la même chose a dû se produire sur Mars à ce moment-là. Il est même possible que la vie ait surgi sur Mars en même temps que sur Terre. Mais les circonstances l’ont forcée à s’adapter exclusivement aux environnements souterrains.

Si l’on en croit la biosphère profonde de la Terre, les communautés microbiennes souterraines de Mars pourraient être exceptionnellement riches et diversifiées. N’oublions pas que la biosphère profonde de la Terre a été découverte pour la première fois il y a à peine trente ans, et les estimations faites depuis lors suggèrent que ces micro-organismes des grands fonds marins représentent près de la moitié de la vie sur notre planète.
Pour Michalski, le sous-sol de Mars est un endroit particulièrement prometteur pour commencer à chercher des organismes extraterrestres et probablement encore plus habitable pour eux que la biosphère profonde de la Terre. En fait, la roche souterraine sur Mars est plus poreuse que sur Terre, créant des poches pour les nutriments et les échanges gazeux. Le chercheur croit qu’on pourrait y trouver des organismes unicellulaires capables de rester inactifs pendant longtemps, mais capables de survivre grâce à la métabolisation de l’hydrogène, du méthane et, potentiellement, du soufre.
Le nouveau rover de la NASA, quasiment identique à Curiosity, sera largué dans le cratère de Jezero, presque équatorial, qui serait un ancien lac profond, selon des observations satellitaires récentes. Les scientifiques espèrent que si des microbes vivaient dans ou autour de cette ancienne masse d’eau, les signatures de leur présence seraient conservées dans des sédiments faciles à forer aujourd’hui. Une cible clé sera les gisements de carbonate qui semblent recouvrir ce qui aurait été le rivage du paléo-lac.
«Les carbonates sont un type de minéral qui se dépose hors de l’eau et ce qui est vraiment formidable dans ce processus, c’est qu’ils retiennent tout ce qui est dans l’eau. Ainsi, tout ce qui y vit peut être piégé dans le minéral», a expliqué Briony Horgan de l’Université Purdue en Indiana.
Le scénario de rêve verrait le rover trébucher sur des formations qui ressemblent à des stromatolites. Ce sont des structures de dômes de carbonate qui sur Terre ont été construites par des nattes microbiennes.

Le rover choisira l’endroit le plus attrayant le long du littoral putatif et forera des échantillons pouvant être placés dans un bidon et laissés au sol pour une reprise ultérieure. Il utilisera la même technologie Skycrane que celle du rover Curiosity avec précision, avec un ajout important. Les ingénieurs ont mis au point un système de cartographie à la volée appelé Navigation relative au terrain, qui devrait apporter une précision encore plus grande au processus d’atterrissage.
La NASA et son homologue européen, ESA, envisagent de créer une entreprise commune pour récupérer jusqu’à 40 échantillons du rover, probablement au début des années 2030.
Ken Farley, scientifique en chef de la mission Mars 2020 de la NASA, a déclaré lors de la réunion d’automne 2018 de l’American Geophysical Union (AGU) à Washington DC, que la route que suivrait le rover après l’atterrissage avait déjà été planifiée. Le robot sera équipé d’un système de navigation sophistiqué qui lui donnera l’autonomie nécessaire pour déterminer le meilleur parcours, le plus direct, entre les points de cheminement. Cela devrait considérablement accélérer l’arrivée de différentes cibles scientifiques. «Sur un bon terrain, nous roulerons plus de 100 m par jour», a déclaré le Dr Farley.

Source : laminute.info
 
   

(heure de Paris)
Lever de Mars: 6h49
Coucher de Mars: 15h49
Distance Terre-Mars
367,8 millions de km
 
   
 
 
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